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Une feuille de route pour la transition économique en Algérie

    La transition politique, imposée par le mouvement populaire entamé le 22 février, a relégué les questions économiques au second plan, depuis quelques mois déjà. Pourtant, l’urgence économique commence à se faire sentir, et il devient clair que la transition politique devra être accompagnée d’une transition économique. C’est dans ce sens que le Cercle d’action autour de l’entreprise entreprend d’élaborer une feuille de route pour la transition économique. Selon le président de Care, Slim Othmani cette transition économique « doit être lancée dans les plus brefs délais », au regard de l’urgence économique, « pour ne pas hypothéquer l’avenir du pays ». Il précise que les experts travaillent sur cette feuille de route dont le contenu devrait être publié d’ici à trois semaines. M. Othmani, pense aussi qu’il serait pertinent de s’inspirer des expériences d’autres pays. C’est dans sens que Care a organisé aujourd’hui à Alger une rencontre sur le thème de « l’économie dans la transition : l’expérience de la Hongrie, de la Pologne et de la Tchéquie », et ce avec la contribution des ambassades respectives de ces pays. L’objectif était de faire connaître les expériences de ces pays, en connaître les avantages et surtout en éviter les erreurs. Si les intervenants se sont tous accordés pour affirmer que la transition d’une économie dirigée à une économie de marché a induit des effets positifs pour les économies cités. Il n’en demeure pas moins que celles-ci ont induit un coût social parfois très lourd. C’est ainsi que Filip Mudyna  expert de l’agence polonaise d’investissement a estimé que la transition qui s’est faite au travers d’une thérapie de choc a induit la hausse du taux d’inflation dès 1990 et qui atteint près de 500 % en 1991, sans oublier la hausse du chômage qui a atteint plus de 20% en 2003 et du taux de pauvreté. Il a mis en avant, les efforts qui ont été consentis par la Pologne pour attirer les investisseurs étrangers, dans l’objectif de capter les capitaux et le savoir faire nécessaire pour initier les réformes. Cela a permis de plus que décupler le chiffre d’affaires à l’export, de tirer l’essentiel de la croissance des secteurs des technologies avancées et des hautes technologies,  de démultiplier le taux de croissance et de réduire le taux de chômage.  Il n’en demeure pas que cela a entraîné certains inconvénients comme le fait que 60 % des entreprises exportatrices soient détenues par le capital étranger et que par conséquent la valeur ajoutée ainsi réalisée donne lieu à des transferts de dividendes. Pour l’intervenant polonais, les choses ont changé aujourd’hui pour la Pologne ce qui la pousse à être plus sélective lorsqu’il s’agit d’accorder des avantages à un investisseur étranger, et de se préoccuper à garantir plus de parité entre investisseurs étrangers et investisseurs locaux. Pour l’économiste hongrois Arpàd Kovacs, la transition qui s’est effectuée en Hongrie de manière plus graduelle a induit un coût social très important, ce qui le pousse à mettre en avant l’importance du consensus au sein de la société et l’acceptabilité des réformes à mettre en œuvre. Il pense que ce consensus ne peut être atteint que dans le cadre de l’exercice démocratique.  L’économiste hongrois, se montre quelque peu critique quant au processus de privatisation dans son pays, estimant que les biens de l’Etat ont été liquidés, dans la mesure où les banques n’ont pas pu accompagner les privatisations. Ainsi, d’une économie privatisée à 40 % en 1990, la Hongrie est aujourd’hui privatisée à 90  %. Cela ne veut pas dire, selon lui, que l’Etat ne conserve pas de ressorts de contrôle. Il évoque ainsi le rôle du Parlement, de l’Office d’audit et du bureau de contrôle du gouvernement comme instrument de contrôle. De même qu’il considère l’idée que les IDE pourraient être un moyen de réduire les risques de corruption ou de redistribution des ressources aux oligarques avec prudence. Il estime dans ce sens que les investisseurs étrangers n’ont pas la propension à agir de manière éthique, mais plutôt à s’adapter au marché dans lequel ils s’installent. Pour lui le plus important est d’éviter les monopoles. Pour sa part l’économiste tchèque Tomàs Sedlàcêk, a mis en avant le rôle des banques publiques qui n’ont pas été privatisées et des mesures prises  pour attirer les IDE, estimant que cela a permis d’éviter une redistribution des ressources aux oligarques. Il a également plaidé pour des réformes rapides sous forme de thérapie de choc, estimant que les réformes graduelles induisent le risque de faire du surplace. Les trois intervenants ont également insisté sur le fait que  l’enjeu de l’adhésion à l’Union européenne ait constitué un moteur ayant poussé les gouvernements successifs à mettre en place les réformes sans discontinuer. Ils prendront néanmoins grand soin à éviter d’évoquer les facteurs géopolitiques, sachant que les pays de l’Europe de l’Est ont bénéficié de financements massifs des institutions financières multilatérales européennes dans le cadre de l’élargissement de l’UE vers l’Est. Une politique qui avait pour enjeu d’endiguer « la menace » que pourrait constituer l’Ours blanc russe.  

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