Un rassemblement à Paris dénonce l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers

Près de 200 étudiants ont dénoncé samedi, dans un rassemblement à Paris, l'augmentation par le gouvernement des frais d'inscription des étudiants étrangers à compter de janvier 2019.   Avec le slogan "Mêmes études, mêmes droits", le rassemblement appelé par les syndicats universitaires s'est déroulé, sous haute surveillance policière, à la place du Panthéon, à quelques mètres de la prestigieuse université de la Sorbonne.   On signale que plusieurs assemblées générales des étudiants ont été tenues, jeudi dernier, dans plusieurs universités comme Strasbourg, Lille, Saint-Denis (région parisienne), Lyon, Rennes, Nantes, Montpellier et Toulouse, dans le cadre d'une mobilisation générale contre la "discrimination".   Les syndicats universitaires ont également lancé une pétition en ligne qui a recueilli jusqu'à samedi plus de 150.000 signatures.   Au cours de la présentation de la stratégie de l'attractivité des universités françaises, sous le hashtag "Bienvenue en France", le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 19 novembre l'augmentation des frais de scolarité des étudiants, ne résidant pas dans l'espace économique européen (EEE), dès la rentrée 2019, de 170 euros pour la licence et 243 euros pour le master à respectivement 2.770 euro et 3.770 euros.   Il a expliqué que cette hausse visait l'amélioration des conditions d'accueil et davantage de financement des bourses.   Au rassemblement de Paris, éclipsé médiatiquement par la manifestation des "gilets jaunes", les étudiants (français et étrangers) ont considéré cette augmentation de "tri discriminatoire qui renforce la précarité des étudiants étrangers", estimant que cette décision "va fermer les portes des universités françaises".   Brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Université sans frontière", "Etrangers peut-être, étudiants d'abord", "On n'est pas tous riches", ou "Macron tu perds tes facultés", les étudiants réclament des "études pour tous", soulignant que les étudiants étrangers sont "une chance" pour la France et non pas un "fardeau".   Selon un document distribué sur place, les étudiants étrangers coûtent 3 milliards d'euros par ans mais rapportent 4,6 milliards d'euros par an.   Il indique également que 41 % des doctorants sont des étrangers et que 25 % d'entre les étudiants restent en France après leurs études.   Une plateforme de revendications a été rendue publique qui souligne la nécessité d'améliorer l'accueil de ces étudiants. Pour faciliter l'arrivée des étudiants étrangers en France, la plateforme revendique notamment la gratuité de la procédure d'obtention du titre de séjour étudiant (actuellement 269 euros par an), assouplir les exigences de justificatifs d'hébergement et financiers.   Les étudiants ont demandé aussi au gouvernement français une dérogation aux accords bilatéraux, notamment entre l'Algérie et la France, afin de permettre aux étudiants concernés au titre de séjour pluriannuel comme l'ensemble des étudiants étrangers.   Les étudiants algériens en France, rappelle-t-on, sont parmi les plus nombreux à étudier en France avec un nombre de 30.521 contre 26.116 en 2017, selon les dernières données de Campus France.   Dans le top 25 de 2017, l'Algérie occupait le 3erang après le Maroc et la Chine avec +10 % en évolution des effectifs de 2011 à 2016.   Dans le nouveau classement, elle passe au 2erang derrière le Maroc (39.855) et devance la Chine (30.071) pour un total de 343.400 étudiants étrangers ayant choisi la France pour suivre des études pour l'année universitaire 2017-2018.

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