Transition politique : le scenario prévu par le pouvoir

Acculé, le pouvoir tente de se réorganiser. Face à la position adoptée par le « Hirak » désignant les millions de manifestants,  les hautes sphères politiques, décriées et sommées de partir, tentent de reprendre en main la situation. Le souci de la continuité de l’État et de ses structures qui équivaut au maintient du même système, honni  et à l’origine de cette protesta, dicte  au gouvernement de proposer une issue pour assurer la transition.  Ces derniers  manifestants revendiquent le départ de « tout le monde ». Une demande qui ne risque pas d’être acceptée par les tenants du pouvoir qui s’accordent sur le départ d’Abdelaziz Bouteflika prévu pour le 28 avril.  La crainte d’un scenario à l’irakienne  ne sied pas aux actuels décideurs qui justifient la tenue de la conférence nationale et de l’actuel processus de transition engagé par le pouvoir par la nécessaire pérennité de l’Etat et éviter son effondrement lesquels garantiraient par la même occasion la continuité du système. Ce préalable à tout changement sera précédé par la dissolution de l’APN suivi par le départ du président Bouteflika au terme de son mandat, soit le 28 avril. Selon certaines indiscrétions, le pouvoir serait prêt à remanier tous les autres organes partisans (FLN et RND), tout comme les formations et organisations satellitaires et  autres médias affiliés ainsi que la redéfinition de leurs rôles. Cependant, le pouvoir compte garder le Sénat pour assurer la vacance en attendant les élections et piloter la Conférence. Selon cet argumentaire, le Président de la République qui peut dissoudre l’APN grâce aux dispositions de l’article 147 alinéa 61 de la Constitution de 2016. Mais, il ne peut en aucun cas dissoudre le Sénat car le texte fondamental ne prévoit pas ce cas de figure. Bensalah aura ainsi le rôle de veiller à l’élaboration de la nouvelle Constitution et la soumettre à un referendum, puis d’organiser de nouvelles élections.  Le système sacrifierait ainsi quelques uns de ses pions pour assurer sa survie. Cette solution dont dispose le pouvoir risquerait de s’imposer en l’absence d’un partenaire  désigné par la rue, laquelle réfute toute tutelle et n’entend « négocier » qu’avec l’Armée.  A moins, que  le « Hirak » ne sorte des sentiers nihilistes pour prendre part activement à la transition à travers ses représentants. En attendant, certains relais du pouvoir ne se gênent pas pour s’exprimer au nom de la société civile et par ricochet au nom du Hirak.

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