Syrie: l’armée turque continue son offensive contre les miliciens kurdes

    L'artillerie d'Ankara a pilonné lundi des positions de la milice YPG au troisième jour de l'offensive sur l'enclave kurde syrienne d'Afrine, et des dizaines de mandats d'arrêt ont été émis en Turquie en lien avec l'opération pour "propagande terroriste" L'artillerie de l'armée turque a visé les positions des Unités de protections du peuple (YPG), qu'Ankara considère comme un groupe terroriste, depuis la ville de Kilis frontalière de la Syrie, ont rapporté les médias turcs. D'après l'agence de presse étatique Anadolu, l'armée turque a détruit dans la nuit de dimanche à lundi deux positions des YPG depuis lesquelles des roquettes avaient été tirées sur la ville turque de Reyhanli, faisant un mort et 46 blessés. Selon Anadolu, les forces turques ont par ailleurs pris dimanche onze positions qui étaient contrôlées par les YPG dans la région d'Afrine. Des chars et des militaires turcs ont pénétré dimanche dans la région d'Afrine pour en déloger la milice YPG, au deuxième jour de cette offensive baptisée "Rameau d'olivier". Les YPG sont la principale composante d'une coalition arabo-kurde, les FDS, soutenue par Washington dans la lutte contre les groupes jihadistes, notamment l'organisation Etat islamique (EI). Les Etats-Unis ont certes appelé dimanche la Turquie à "faire preuve de retenue", mais son ministre de la Défense, Jim Mattis, a affirmé qu'Ankara avait prévenu Washington avant de lancer son offensive et estimé que les préoccupations sécuritaires turques étaient "légitimes". Selon le Premier ministre turc Binali Yildirim, l'opération a pour but de créer une "zone de sécurité" d'une profondeur de 30 km à partir de la frontière. Les médias officiels turcs ont indiqué dimanche que les forces d'Ankara avaient pénétré de cinq kilomètres en Syrie. L'opération sera "limitée et de courte durée", a affirmé lundi le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek. A l'exception de la formation pro-kurde HDP, les principaux partis politiques turcs, y compris ceux de l'opposition, ont apporté leur soutien à l'opération. Au lendemain d'une ferme mise en garde de M. Erdogan contre toute manifestation opposée à l'opération, les autorités ont émis lundi des mandats d'arrêt contre 35 personnes soupçonnées de faire de la "propagande terroriste" sur les réseaux sociaux. D'après la chaîne de télévision publique TRT, ces mandats d'arrêt concernent 18 personnes à Istanbul et 17 personnes à Diyarbakir, grande ville du sud-est à majorité kurde de la Turquie où huit suspects ont été interpellés dans la matinée. Ces personnes sont soupçonnées de soutenir activement les YPG, qu'Ankara considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984. En outre, un procureur d'Istanbul a ouvert lundi une enquête contre 57 personnes soupçonnées notamment de "propagande terroriste" sur Twitter en lien avec l'opération en Syrie, selon Anadolu. La police turque a empêché dimanche le déroulement de deux manifestations contre l'opération, l'une à Istanbul, où sept personnes ont été arrêtées, et l'autre à Diyarbakir. Il s'agit de la deuxième offensive turque dans le nord de la Syrie, après celle lancée en août 2016 pour repousser l'EI vers le sud, mais aussi enrayer l'expansion des combattants kurdes.  

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