Symbole de ploutocratie, le FCE devrait-il disparaître !

Ali Haddad l’omnipotent n’est plus. Disgracié, pestiféré, emprisonné, le désormais ex-tout puissant patron des patrons laisse une  Confédération du forum des chefs d’entreprises sans chef. Mais plus pour longtemps. Le syndicat des patrons commence à digérer « le choc », et se met à nouveau en quête d’un nouveau gourou. Le 29 mars dernier, Ali Haddad annonce sa démission du poste de président de la Confédération du FCE.  Bien que prévisible, cette démission a mis les membres du Conseil exécutif dans l’embarras.  Pris au dépourvu ils s’orientent vers le plus âgé des vice-présidents du FCE, Hocine Metidji, pour assurer l’intérim, lequel décline poliment mais fermement l’offre. Car, par les temps qui courent, il n’est pas de bon ton de représenter une organisation devenue au cours des cinq dernières années symbole d’oligarchie. Il aura donc fallu une dizaine de jours pour les dirigeants du FCE pour convoquer un Conseil exécutif prévu demain dimanche, avec à l’ordre du jour la désignation d’un président par intérim lequel aura la charge d’organiser une Assemblée générale élective extraordinaire dans les trois mois. Bien que l’échéance soit encore lointaine, certains chefs d’entreprises semblent avoir déjà lancé leur campagne électorale. Les premiers à avoir annoncé le gel de leur cotisation au FCE, Mohamed Laid Benamor et Hassan Khelifati sont les plus agressifs. Le premier oligarque du premier cercle (lire l’article sur le lien suivant : Mohamed Laid Benamor, un oligarque en campagne), s’est même offert un article des plus conciliant sur le magazine « Jeune Afrique » et à travers lequel il déroule sa vision de l’économie algérienne. Pour sa part Hassan Khelifati multiplie les interventions par médias interposés, et mène une campagne acharnée pour charger l’ancienne direction du FCE. Il nourrit une ambition démesurée. Il convoite la présidence du FCE depuis novembre 2011, échéance au cours de laquelle il n’a joué que le rôle de faire valoir pour Reda Hamiani. Ecarté du Conseil exécutif à l’arrivée de Haddad, il n’a eu de cesse d’essayer de se rapprocher du premier cercle. Les deux hommes promettent du changement, un retour vers la vocation première du FCE et un rapprochement de la base. Mais le Forum a changé. D’association de patrons, il s’est transformé en syndicat. Un retour à la position initiale du FCE est-il possible ? Il ne faut pas non plus se mentir, le FCE s’est engagé dès sa création, en 2000, aux côté du régime Bouteflika. Une chose est sûre, ce sont les mêmes méthodes et le même opportunisme qui semblent encore prévaloir au sein du Forum. Le FCE demeure d’ailleurs ce formidable tremplin politique. Devenu symbole de ploutocratie, c’est à se demander si le FCE ne devrait pas disparaître dans le sillage du système Bouteflika.

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