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Sonatrach-TBWA : les dessous d’un contrat juteux

Sonatrach a prévu de dépenser près de 20 millions d’euros pour un nouveau plan de communication  sensé redorer son blason et la doter d’une image à la mesure de ses ambitions, celle de se hisser dans le top 5 des plus grandes compagnies pétrolières nationales. C’est du moins ce que prétendait son désormais ex-P-DG Abdelmoumène Ould Kaddour. Pour ce faire la compagnie pétrolière nationale s’est adressée à TBWA France, filiale d’une entreprise internationale de communication. Montant du contrat  initial 9,205 millions d’euros pour des prestations devant s’étaler sur 24 mois, en plus de la prise en charge des frais de déplacement des équipes de TBWA par Sonatrach. Cependant,  dès le début le marché étonne plus d’un. C’est l’opportunité d’un tel contrat qui étonne le plus : Pourquoi s’orienter vers la filiale française du groupe TBWA, alors que celui-ci dispose d’un bureau à Alger et pourquoi s’obstiner à requérir des services payables en euros alors que Sonatrach pouvait en disposer en dinars, grâce à l’intervention de nombreuses entreprises algériennes.
Voyages à Paris
 
Quoi qu’il en soit c’est le Directeur de cabinet d’Ould Kaddour, Karim Djebbour, accompagné d'une certaine Amel Gulsen qui se sont déplacés à Paris, pour la signature du contrat le 15 mars 2018. Un contrat passé en gré à gré simple selon l’article 3 du contrat dont nous détenons une copie. Un contrat dont l’exécution a été facilitée par les chefs de projets communication dirigés par Mounir Sakhri. Ces  derniers ont, d’ailleurs, eu le loisir d’effectuer à leur tour un voyage à Paris, nous confient plusieurs sources concordantes, qui s’étonnent d’ailleurs de la promotion fulgurante d’un simple cadre comme Mounir Sakhri, qui plus est a été renvoyé de son poste au sein du service sponsoring de Sonatrach pour indélicatesse, au poste de directeur de la Communication. Dès le départ le contrat en question posait une série de problèmes. Il prévoyait une intervention des experts de TBWA sur 24  mois. Hors, de la mi-mars 2018 à décembre 2019, période délimitée pour l’intervention du cabinet,  il y’a moins de 21 mois. La question des honoraires forfaitaires a également outré de nombreux cadres de Sonatrach : plus de 2 millions d’euros. Sans parler de l’agacement du top management qui s’est vu imposé lors de la phase d’audit une série d’entretiens avec les jeunes experts étrangers de l’agence, nous dit-on.
Intrusion dans les sites du Sud
 
Plusieurs sources affichent, quant à elles,  leur indignation quant au fait que le Directeur de la communication de la Sonatrach ait organisé un voyage pour les experts de TBWA au niveau des sites de Sonatrach dans le Sud du pays, sans obtenir, au préalable, les autorisations des directions de ces sites. Un voyage qui a permis de prendre pas moins de 6.000 photos des sites de Sonatrach, et sur lesquels l’entreprise nationale risque de ne pas avoir de droit de transfert de propriété selon les termes du contrat, si elles sont imputées  au travail des photographes de TBWA. Un fait inédit dans la mesure où Sonatrach a toujours préservé ses sites stratégiques de toute intrusion. Il faut cependant dire que le contrat initial avait pour objectif de redorer le blason de la Sonatrach, grâce à des actions de lobbying notamment auprès de médias étrangers, prix de la prestation 180.000 euros. Des fonds qui auront surtout permis à Ould Kaddour de soigner son image de P-DG irréprochable, victime de la bureaucratie et du zèle des services de sécurité lesquels n’ont pas hésité à le jeter en prison, et de P-DG qui a pour seul souci l’intérêt de la Sonatrach. Des articles complaisants, car monnayés, ont été publiés dans le quotidien français « Le Monde », dans le magazine « Jeune Afrique », et via l’agence de presse britannique Reuters, pour ne citer que ces médias.
Communication de crise chaotique !
 
Le contrat prévoit aussi des prestations en matière de communication de crise, pour un montant de 300.000 euros. Or, force est de constater qu’en matière de crise, la communication a été catastrophique. L’on se souvient du fiasco de la conférence de presse pour le lancement de SH 2030, de laquelle on ne retiendra que Abdou et son Kyass (masseur), ainsi que le scandale perpétré par l’une des employées de Sonatrach. N’oublions pas non plus l’incapacité de l’agence de communication de Sonatrach de désamorcer la crise née des allégations de Rachid Nekkaz quant à la pseudo livraison gratuite de gaz algérien à la France. Le contrat initial passé entre Sonatrach prévoyait aussi la refonte du site de Sonatrach pour 1,182 million d’euros, dont 133.000 euros pour le développement d’un « Template de contenu » et 14.000 euros pour l’hébergement du site durant une année. Il faut savoir dans ce sens que les Templates wordpress qui servent de base au développement de sites coûtent en général moins de 100 dollars, quant à l’hébergement d’un site sur un serveur mutualisé, solution indiquée pour les entreprises coûte en moyenne 50.000 dinars l’année. Le développement d’un site avec les dernières technologies, coûte quant à lui au maximum 10 millions de dinars, quand la prestation est assurée par une entreprise locale. Le pire est qu’au-delà de ces excès le montant du contrat initial, dont les dotations ont été consommées à 70 % en 2018, a été revu à la hausse en 2019 avec une proposition financière qui prévoit une rallonge de plus de 12 millions d’euros. Un cas d’abus flagrant.

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