Sonatrach : les jours d’Ould Kaddour sont comptés

Nommé  à la tête de Sonatrach le 20 mars 2017, Abdelmoumène Ould Kaddour devrait bientôt être forcé à quitter ses fonctions. Le nom du remplaçant se murmure déjà dans les couloirs de la Sonatrach. Il s’agirait de Mustapha Hanifi, directeur des hydrocarbures au ministère de l’Energie et membre du Conseil d’administration de la compagnie pétrolière, lequel a déjà été candidat pour le poste à plusieurs reprises depuis 2016. Selon nos sources, si le sort d’Ould Kaddour est désormais scellé, son limogeage ne devrait intervenir que dans un mois ou un mois et demi. Plusieurs sources concordantes nous expliquent que le départ d’Ould Kaddour  aurait dû immédiatement suivre celui du clan Bouteflika, or celui-ci aurait été maintenu pour diverses raisons. Pour certaines de nos sources, le maintien d’Ould Kaddour serait lié aux besoins des différentes enquêtes ouvertes par la Justice et les investigations menées par les services du ministère de la défense nationale. D’autres expliquent par contre que le maintien d’Ould Kaddour est lié au souhait du gouvernement d’éviter tout signal négatif à l’adresse des partenaires étrangers. Rappelons dans ce sens que l’Américain Exxon Mobil avait annoncé, il y’a quelques jours, vouloir geler les négociations avec Sonatrach en raison des incertitudes autour de l’avenir d’Ould Kaddour. Notons aussi, que des discussions avec Chevron devraient être ouvertes cette semaine concernant l’exploitation des gaz de schiste.
 
Des marchés douteux
Quoi qu’il en soit, le P-DG de la Sonatrach semble être dans l’œil du cyclone. Divers marchés intéressent les enquêteurs. Un rapport établi en interne aurait été transmis « à qui de droit », nous dit-on. Aussi, et en plus des enquêteurs du MDN, des inspecteurs de l’IGF ont débarqué dès le lundi matin dernier dans les locaux de Sonatrach. Les enquêteurs s’intéressent plus précisément à quatre dossiers. Il s’agit en premier lieu de l’attribution  du marché relatif à l’implémentation du nouveau système d’information à Huawei (pour plus d’information lire l’article sur le lien suivant : Sonatrach : Ould Kaddour a quitté le territoire national), le dossier SH 2030 et les marchés attribués à Mckinsey et BCG (lire : La Justice se penche sur les rapports entre Sonatrach et McKinsey),  les contrats attribués à TBWA et qui ont permis à Ould Kaddour de redorer son image aux frais de la Sonatrach(lire : Sonatrach : un site web à 350.000 euros !) et enfin l’achat de la raffinerie d’Augusta (lire : Sonatrach « achète » des structures sur une base de l’Otan !).
Hécatombe dans le top Management
Des dossiers qui risquent d’emporter le P-DG de la Sonatrach. Nos sources n’écartent pas un retour à la case prison. Rappelons dans ce sens qu’Abdelmoumene Ould Kaddour a été condamné en 2007 à 30 mois de prison par un tribunal militaire pour « divulgation des secrets de l’État pour le compte de parties étrangères ». Nos sources ajoutent qu’Ould Kaddour ne plongera pas seul et qu’il risque d’emporter avec lui au moins cinq cadres de la Sonatrach dont trois Vice-présidents.  Le VP commercialisation Ahmed Mazighi semble déjà dans la tourmente, lui qui a signé les contrats pour l’achat de la raffinerie d’Augusta. Le fait est que le P-DG de la Sonatrach s’est toujours évertués à ne rien parapher et à faire signer les contrats à ses subordonnés.  Une façon de faire qui n’aurait pas été répréhensible, si ce n’est le fait que le processus d’attribution de certains marchés n’ont pas été totalement conformes à la directive de passation des marchés de la Sonatrach (R17).
Le cabinet d’Ould Kaddour
Selon nos sources, dans les dossiers précités, les contrats ont été attribués grâce à des appels d’offres internationaux restreints non short listés. Ce qui est, selon nos interlocuteurs, un gré à gré masqué. Et d’ajouter que cela a été possible grâce à la contribution de certains subordonnés qui avaient pour « seul souci de plaire aux chefs, alors que tous ceux qui s’y sont opposés ont été écartés et mis au placard ».   C’est ainsi que dans le cadre de la « nouvelle organisation de Sonatrach », Ould Kaddour a saisi l’occasion pour éjecter plusieurs Vice-présidents et installer un cabinet à son image. Cela a d’ailleurs été le cas de l’ancien VP commercialisation Omar Maaliou, cadre de valeur et aux compétences avérées qui a été mis à la retraite en juin 2018, car ayant refusé de signer certains contrats. La cellule de communication de Sonatrach a elle aussi été remaniée, les anciens responsables ont été écartés pour la mettre sous la coupe d’un certain Mounir Sakhri, plus docile, nous explique-t-on.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *