Sonatrach « achète » des structures sur une base de l’Otan !

    En mai 2018, Sonatrach annonçait l’achat, pour 700 millions de dollars, d’une raffinerie, en Sicile (Italie), avec d’importantes structures de stockage et des ports pétroliers au cœur de la Méditerranée. Le Souci est qu’une bonne partie de ces structures de stockage se trouve sur une base de l’Otan. Lesquelles structures n’ont  pu être acquises par Sonatrach et du coup, celle-ci ne peut en jouir qu’à travers une concession. A son arrivée à la Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour annonçait en grandes pompes que ce fleuron de l’économie nationale prendrait la place qu’il lui revient sur le marché international. La nouvelle vision stratégique du développement de la compagnie SH 2030 devait permettre à Sonatrach de se hisser dans le Top 5 des plus grandes compagnies pétrolières. C’est du moins  ce que prétend Ould Kaddour.  Un développement qui devait aussi passer par l’internationalisation de Sonatrach. Le rachat de la raffinerie d’Augusta  en Sicile auprès de l’Américain Exxon Mobil, a ainsi été présenté par le P-DG de Sonatrach comme le fer de lance de cette internationalisation. Cette raffinerie « acquise pour 700 millions de dollars » devait aussi permettre de régler le problème d’approvisionnement en carburants du marché national. La Direction de Sonatrach a également insisté sur le fait que cet achat englobe d’importantes structures de stockage de pétrole et de carburants et des ports pétroliers sur une zone stratégique.
Un contrat signé sans être lu
L’importance de la zone sur le plan stratégique n’a pas d’ailleurs échappé à l’Otan qui y a implanté une base. Les responsables de la Sonatrach ont d’ailleurs omis de dire que les structures de stockage, ainsi que les ports pétroliers se trouvent justement sur cette base de l’Organisation militaire transatlantique. Du coup, Si la compagnie pétrolière a acquis la raffinerie, elle ne dispose que d’une concession sur le reste des structures. Une information capitale, dans la mesure où elle remet en cause la pertinence de cette transaction non seulement sur le plan financier, mais aussi sur le plan stratégique. Que l’Américain Exxon dispose de structures sur une base de l’Otan est un avantage, pour la Sonatrach, en revanche,  c’est une vulnérabilité stratégique, d’autant plus grave que l’on parle d’énergie et d’approvisionnement du marché national en carburants.
Un VP Commercialisation dans la tourmente
Selon plusieurs sources concordantes, les responsables de la Sonatrach n’ont même pas pris la peine de lire sérieusement le contrat, se satisfaisant de la validation du cabinet conseil américain Mackinsey. « Mackinsey les a menés en bateau », nous affirme-t-on. Il faut dire que ce contrat inclut des engagements qui risquent de coûter très cher à la Sonatrach. En plus des 700 millions de dollars, le groupe pétrolier a déjà déboursé 100 millions de dollars pour entamer les travaux de réhabilitation de la raffinerie, et devra encore prendre en charge certains engagements de l’ancien propriétaire avec ses partenaires, sans oublier les travaux de dépollution. Le pire est qu’Ould Kaddour a pris soin de ne rien signer, et que le contrat pour le rachat de raffinerie a été paraphé par l’actuel Vice-président commercialisation de la Sonatrach, Ahmed Mazighi, lequel n’était que simple conseiller du P-DG à l’époque des faits. Celui-ci « assume entièrement la responsabilité de la chose », nous dit-on.  Il va sans dire que cette responsabilité ne devra pas être imputée au seul VP Commercialisation. Le P-DG de la Sonatrach a, lui-même,  choisi de promouvoir cet achat et de porter le projet à bout de bras. Il ne peut ignorer ce qui s’est passé, même si certains proches d’Ould Kaddour s’évertuent aujourd’hui à le dédouaner en prétendant qu’il n’a rien à voir dans l’affaire.

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