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SERVICES DE L’EAU : DÉPASSER LES PROBLÉMATIQUES DE LA DISPONIBILITÉ

Lyes Bensid   Les politiques de gestion de l’eau se sont attelées jusqu’à aujourd’hui sur l’amélioration des services de distribution et d’assainissement dans le seul objectif d’assurer les seules continuité et disponibilité des services de base. C’est dans ce contexte que les pouvoirs publics se sont attelés à financer des programmes aussi bien dans l’amont en assurant la mobilisation et la disponibilité de la ressource (construction de barrages, stations de dessalement d’eau de mer, réalisation de méga-transferts d’eau), qu’en aval en réorganisant les systèmes de distribution et d’assainissement. Et sur ce dernier point le gouvernement a opté pour le partenariat public-privé dans l’espoir d’améliorer les services d’alimentation en eau potable et d’assainissement dans les grands centres urbains. Ainsi, l’Algérienne des eaux (ADE) et l’Office national de l’assainissement (ONA) ont entrepris dès 2005 des signer des contrats de gestion déléguée des services de l’eau pour quatre grandes villes du pays. C’est ainsi que le partenariat avec Suez a permis de créer la SEAAL à Alger. A Oran, l’ADE-ONA a opté pour l’Espagnol Agbar Agua ayant donné naissance à la SEOR. A l’est du pays deux villes devaient bénéficier de ce mode de gestion des services de l’eau. A Constantine, le partenariat ADE-ONA avec la Société des eaux de Marseille a permis la création de la SEACO. Malheureusement à Annaba, la défaillance du partenaire allemand Gelssen-Wasser n’a abouti au final qu’à la résiliation du contrat de gestion déléguée en 2011. Il est vrai que les programmes menés jusqu’à aujourd’hui ont permis une amélioration sensible du service, particulièrement à Alger. Cependant la problématique de la continuité et la disponibilité du service ne permettent pas de poser d’autres problématiques liées au confort des consommateurs, à la qualité de l’eau, mais surtout son économie. Bien que la SEAAL ait récemment décidé d’implémenter les systèmes de m-paiement (paiement par mobile) pour le paiement des factures d’eau, la problématique reste entière. La crise actuelle et la nécessaire révision des subventions au prix de l’eau devra mener inexorablement à revoir la doctrine actuelle en ce qui concerne la gestion des services de l’eau perçue jusqu’à aujourd’hui sous le seul angle du droit d’accès à l’eau. La gestion durable des villes et des services de l’eau, la qualité de celle-ci est l’économie d’eau devront prendre une dimension nouvelle, surtout dans un pays semi-aride comme le nôtre. Le savoir-faire local en la matière existe contrairement à ce que l’on veut croire. Deux jeunes entrepreneurs ont d’ailleurs développé des solutions à cet escient.   AQUASAFE : LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DE LA QUALITÉ DE L’EAU   Iman Malek est diplômée de l’École nationale polytechnique. Il a eu à effectuer des stages dans des stations d’épuration de l’eau et des organismes de travaux publics. Cela l’a décidé de mener un projet relatif au contrôle de l’eau. C’est ainsi qu’avec deux camarades de l’École national polytechnique et un informaticien de l’ENS de Kouba, ils décident de créer une startup spécialisée dans l’internet des objets au bénéfice des services de l’eau. La petite équipe a bénéficié d’un programme d’incubation dans le cadre du concours T-Start menée en partenariat par l’opérateur de téléphonie mobile Ooredoo et ANDPME. Le projet est arrivé en tête du concours et a bénéficié dans ce sens d’une aide financière équivalent à 18 000 euros. C’est ainsi qu’Aquasafe est née. La petite entreprise a développé grâce à ce programme d’accompagnement et de prototypage, un système qui permet d’assurer le monitoring des rejets industriels liquides pour préserver la qualité des eaux superficielles et souterraines. Les solutions développées par Aquasafe permettent de surveiller la qualité physico-chimique des eaux en temps réel à l’aide de capteurs. Les données obtenues par ses derniers peuvent être visualisées à distance et comptent une alarme qui se déclenche aussitôt que le seuil de tolérance est dépassé. Parallèlement, une pompe permet de prélever un échantillon pour être plus profondément analysé en laboratoire. Des solutions novatrices qui mériteraient un intérêt qui n’aura pas été au rendez-vous, ni au sein des organismes publics et encore moins chez les industriels. Bien que l’Algérie dispose d’un arsenal juridique codifiant de la manière la plus stricte la qualité de l’eau et le contrôle des rejets, les industriels ne se sentent pas obligés de mettre en place des systèmes qui permettraient de limiter leurs rejets. En cause, des textes encore trop flous. Quant aux organismes publics, ils ne perçoivent pas encore l’intérêt de solutions novatrices en la matière. Pour face à la fermeture du marché des contrôles des rejets industriels et des services de l’eau à ses solutions, Aquasafe s’est recyclée dans l’aquaculture et propose ses services à cette corporation, tant le contrôle la qualité de l’eau est vital pour la survie des poissons.   GOUTRA : DE L’ÉCONOMIE ET DE LA PRÉSERVATION DE LA RESSOURCE   Karim Lakhdari est, quant à lui, informaticien. Mais il est très sensible aux questions liées à l’économie de l’eau. Après un petit parcours professionnel très hétéroclite, il décide de se lancer dans l’entrepreneuriat et créé «Goutra», après avoir gagné la Microsoft Imagine Cup et bénéficié du programme de soutien aux startups développé par l’opérateur de téléphonie mobile, Djezzy. L’objectif des solutions développées par Goutra est de réduire la consommation d’eau domestique par le biais d’un système basé sur un dispositif électromécanique. Ce dernier est relié avec un logiciel qui permet à l’utilisateur de connaître son mode de consommation. Il lui affiche les détails de sa consommation en temps réel. Cela l’amene à supprimer le gaspillage d’eau en rapprochant sa consommation traditionnelle à une consommation idéale. La solution est assise sur un dispositif électromécanique de télémesures de la consommation d’eau grâce à un «robinet Intelligent». Ce dispositif peut être intégré à l’intérieur du robinet ou à un module externe qui s’adapte à la sortie de tous type de robinets. Cela assurera la mesure et l’affichage de la consommation en temps réel. Elle permet aussi la régulation automatique/manuelle du débit et la précision du besoin pour chaque utilisation du robinet. Les mesures de la consommation sont transférées via un système sans-fil vers un autre dispositif de stockage qui collecte les données de mesures 24heures/7jours. Les données stockées seront transférées dans un logiciel pour les analyser et les traiter dans le but d’identifier les consommateurs excessifs, les pertes, les fuites,…..etc. Les solutions de Goutra s’adaptent aux ménages qui peuvent disposer de petits dispositifs individuels pour contrôler leur consommation d’eau, qu’aux organismes publics chargés de la gestion des services de l’eau. Ils pourront, à partir de ces solutions, cibler les consommations, segmenter de manière précise leur clientèle, et identifier ainsi les gaspilleurs et les mauvais clients. Mieux encore les solutions de Goutra permettent de maîtriser les pertes sur le réseau AEP. En effet, les logiciels développés par Goutra permettent de traiter les données relatives à la consommation d’eau en tenant compte de plusieurs paramètres comme, le climat et la région géographique, le nombre et l’âge des personnes composant un ménage, le but d’utilisation du dispositif (Cuisine, Salle de bain,…..etc.), les habitudes de consommations des ménages, et la personnalisation de la consommation. Le logiciel va calculer la consommation totale d’une durée donnée de toute la maison ou d’un seul robinet (Cuisine, Douche,….etc.) ou d’une personne ; et la comparer avec la consommation idéale (les réels besoins). Il faut cependant noter que si les dispositifs développés présentent un intérêt particulier à l’étranger, l’accès au marché algérien demeure compliqué pour ce savoir-faire pourtant made-in-Algeria. L.B.

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