Réforme des subventions : pas avant deux ans

Critiqué, qualifié de contreproductif et de budgétairement coûteux le système des subventions généralisées ne risque pas d’être révisé de sitôt, du moins pas avant 2020. Le ministre des Finances, M. Abderrahmane Raouya  a insinué dimanche devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale qu’il n’y aura pas de refonte du système des subventions avant deux ans au moins. Selon ses propos rapportés par l’agence de presse officielle, le premier argentier du pays a indiqué « qu'il est impossible, en cette conjoncture, de renoncer brusquement à la politique de subvention ». Le ministre a ainsi ajouté qu’un « fichier national réservé aux personnes qui ont le plus besoin de ce soutien est en cours d'élaboration. Ce dernier sera prêt dans deux ans et sera appliqué dans une wilaya-pilote avant sa généralisation ». Il est vrai que le gouvernement a, à plusieurs reprises,  réaffirmé son « attachement à sa politique sociale » et ne compte certainement pas remettre en cause les acquis sociaux durant les deux prochaines années, marquées par des échéances électorales clés, la présidentielle de 2019, notamment. Le ministre des Finances a d’ailleurs multiplié les bonnes nouvelles censées rassurer les Algériens. Et c’est ainsi qu’il assure que grâce aux bienfaits de la planche à billets, le projet de loi de finances 2018 ne prévoit pas de nouvelles taxes, au moment où la hausse des taxes sur les produits pétroliers induiront forcément une hausse des prix du carburants, où le rehaussement de taxe intérieure de consommation poussera vers le haut les prix de nombreux produits comme le tabac, le café ou les fruits secs pour ne citer que cela. Qu’à cela ne tienne, M. Raouya tente de rasséréner nos concitoyens quant aux perspectives d’emplois en 2018. Il affirme que le recrutement « reste ouvert dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'enseignement supérieur », avant d’ajouter que « d'autres entreprises peuvent procéder au recrutement d'un cinquième du total des postes dont elles disposent, et ce, pour remplacer les départs à la retraite et les décès ». Il minimise aussi les compressions d’effectifs dans certains secteurs en estimant que « la Fonction publique emploie plus de 2.2 millions de fonctionnaires et que la modernisation des secteurs requiert nécessairement une réduction  de quelques postes ».

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