Rapport du FMI sur l’Algérie : privatisations et endettement extérieur pour faire face à la crise

  La baisse des cours du pétrole met l’économie algérienne face à des « défis importants », que le Fonds monétaire international estime qu’elle devra relever grâce à une batterie de mesures comprenant comme de coutumes, l’amélioration du climat des affaires, la refonte du système des subventions, mais et surtout une nouvelle vague de privatisations et  le recours « prudent » à l’endettement extérieur. Dans un rapport publié jeudi et sanctionnant les consultations menées par les administrateurs du FMI au titre de l’Article IV, au début du mois de mars dernier à         Alger, les experts du FMI estiment qu’il est nécessaire de mener « des réformes structurelles ambitieuses, pour assurer la viabilité des finances publiques, réduire les déséquilibres extérieurs, diminuer la dépendance à l’égard des hydrocarbures et rehausser la croissance potentielle ». Ils préconisent aux autorités algériennes de diversifier les options de financement budgétaire afin de faire face aux déficits comma cession d’actifs publics et le recours à l’endettement extérieur. Bien qu’ils « saluent la détermination des autorités à poursuivre un assainissement soutenu des finances publiques, dans un cadre budgétaire précis à moyen terme (et qu’ils) les mesures prises pour réduire le déficit budgétaire, (…) les administrateurs sont généralement d’avis que recourir à un éventail plus large de possibilités de financement, y compris un recours prudent à l’endettement extérieur et la cession d’actifs publics, et donner plus de flexibilité du taux de change, pourrait fournir une marge de manœuvre budgétaire pour opérer un ajustement plus progressif et plus propice à la croissance que celui prévu actuellement et diminuer ainsi son impact sur l’activité économique », notent-ils dans leur rapport.  
Des réformes plus ambitieuses
Les experts du FMI estiment aussi «  qu’il est nécessaire d’opérer des réformes structurelles de grande envergure pour diversifier l’économie et promouvoir un secteur privé dynamique ».  Ils plaident pour des réformes plus ambitieuses  et soulignent « qu’il est nécessaire d’agir rapidement pour réduire la bureaucratie, améliorer l’accès au crédit, ainsi que renforcer la gouvernance et la transparence. Il convient aussi de réduire l’inadéquation des qualifications, d’améliorer le fonctionnement du marché du travail, d’accroître le taux d’activité des femmes et de continuer d’ouvrir l’économie aux échanges et à l’investissement direct étranger ». Ils pensent cependant que le poids de ces réformes devra être supporté par tous de manière équitable dans la mesure où ils recommandent « de bien concevoir la stratégie globale et d’enchaîner les mesures de manière à ce que les réformes se renforcent mutuellement et à ce que la charge de l’ajustement économique soit partagée de manière équitable».  
Les indicateurs toujours au rouge
Selon le rapport du FMI, même si l’activité économique demeure résiliente au choc pétrolier plusieurs indicateurs macro-économiques se sont dégradés au cours des derniers mois. La croissance hors-hydrocarbures a ralenti à 2,6 % en 2016, sous l’effet de la réduction des dépenses publiques. Le taux d’inflation est passé de 4,8 % en 2015 à 6,4 % en 2016 et se chiffrait à 7,7 %, en glissement annuel, en février 2017. Le taux de chômage s’est établit à 10,5 % en septembre 2016 et reste particulièrement élevé chez les jeunes (26,7 %) et les femmes (20,0 %). Malgré un certain redressement des finances publiques en 2016, les déficits budgétaires et courant restent larges et la dette publique a augmenté, en partie sous l’effet de la matérialisation des garanties de prêts octroyées par le gouvernement. Les réserves internationales, bien qu’encore abondantes, ont chuté rapidement.  

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