Raffinerie d’Augusta : un gouffre financier pour la Sonatrach !

Le rachat  de la raffinerie italienne d’Exxon Mobil par la Sonatrach au mois de mai dernier devait être le fer de lance de la nouvelle stratégie d’internationalisation du groupe pétrolier national. Cependant,  la signature des contrats, la finalisation de la transaction au mois de décembre dernier, et la prise en main réelle de la raffinerie a fini par mettre au jour certains problèmes qui risquent de coûter très cher aux Algériens. Selon des sources proches du dossier, les responsables de la Sonatrach n’ont pas suffisamment pris la mesure des engagements de la firme pétrolière publique, que celle-ci devra respecter en signant les contrats de vente. Nos sources expliquent que ces derniers se sont ainsi trop appuyés sur les recommandations de leurs conseillers étrangers, américains   notamment, pour conclure  un contrat de vente avec une firme US.
Une facture salée
C’est ainsi qu’en plus du prix de l’acquisition de la raffinerie d’Augusta, en Sicile, à 700 millions de dollars, il faudra ajouter la coquette somme de 100 millions de dollars pour la réhabilitation de la structure vieille de plus de 70 ans. A cela, il faudra encore ajouter les fonds à injecter pour s’en tenir aux différents engagements financiers pris par les anciens propriétaires de la raffinerie avant la vente.  La facture risque d’être salée, d’autant plus que, selon nos interlocuteurs, d’autres dépenses risquent d’être engagées pour régler des problèmes qui risquent de survenir notamment sur le plan environnemental.  Exxon Mobil s’est engagée, faut-il le rappeler, à dépolluer le site de la raffinerie.  Du coup, la Sonatrach cherche à mobiliser des fonds sur ses différentes opérations à l’étranger pour ne pas s’adresser à la Banque d’Algérie pour obtenir une nouvelle autorisation de transfert de fonds. Selon nos sources, cet achat est une mauvaise opération, dans la mesure où avec 800 millions de dollars, Sonatrach aurait pu assurer le processing de son pétrole à l’étranger pour produire du carburant pendant 10 ans, le temps que de nouvelles raffineries soient réalisées en Algérie.
Mensonge éhonté
 
La pertinence de la transaction est mise en doute par nos interlocuteurs qui mettent en avant certaines contrevérités ayant émaillé la communication autour de cet achat. Ainsi, nous explique-t-on, si Sonatrach s’est vantée d’avoir acquis d’importants terminaux carburants avec leurs immenses capacités de stockage pour justifier l’achat de la raffinerie, il s’avère en fait que ce n’est en aucun cas une acquisition, mais une simple concession. Les terminaux en question se trouvent sur une base de l’Otan.  Et d’ajouter que si les responsables de la Sonatrach ont expliqué à l’opinion publique que la nouvelle raffinerie devait faire le processing de pétrole algérien pour produire du carburant destiné au marché national, il n’en est rien. Nos sources précisent que la raffinerie d’Augusta n’est pas équipée pour faire le processing du brut léger algérien, mais elle s’adapte plutôt pour les pétroles du Moyen-Orient, plus lourds. D’où le contrat signé récemment avec Saudi Aramco pour la fourniture de pétrole. Et de conclure que les arguments avancés lors de la signature des contrats d’achat ne sont qu’un mensonge éhonté.  

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