RABAH MADJER : L’ARGENT DU FOOT NE PROFITE PAS À L’ÉCONOMIE NATIONALE

Walid Bouamama L’ancienne star de l’équipe nationale de football, Rabah Madjer, a brossé un tableau noir de la situation qui prévaut actuellement au sein du football algérien, estimant que le professionnalisme engagé depuis six ans tarde à porter ses fruits. Les clubs continuent à faire dans le bricolage. Une situation née du manque de culture managériale digne de ce nom. A cela, il faudra ajouter la mauvaise gestion qui marque les clubs et les équipes nationales. Rabah Madjer n’a pas mâché ses mots à l’égard de la situation du football algérien, tout en critiquant la politique actuelle des clubs. Il a relevé, à ce propos, que les joueurs ne signent pas de contrats et que les clubs sont déficitaires. « Où en est-on du professionnalisme ?» s’interroge-t-il. « Il nous faut beaucoup de temps pour y arriver », martèle-t-il. «Ce n’est pas le type de professionnalisme qu’il nous faut. C’est un professionnalisme importé qui nous a été imposé», a dit Madjer qui ne manquera pas, par ailleurs, de critiquer les clubs, lesquels, selon ses dires, «font parfois n’importe quoi surtout au niveau du recrutement». Et de poursuivre : «Ils ramènent des joueurs étrangers. Je préfère lancer des joueurs locaux. Ils sont des centaines de bons joueurs qui n’attendent qu’une chance. Cela permettrait à nos jeunes talents d’émerger». «La réforme engagée durant les années 70 a fait du bien au football national», se rappelle Rabah Madjer, et de continuer : «L’école algérienne de football était à notre époque une source d’inspiration pour les autres pays. Son modèle de gestion était réussi. A notre époque, les clubs européens copiaient le modèle algérien de la réforme». Il en veut pour preuve la qualification des équipes algériennes aux différentes échéances internationales. «Aujourd’hui on a des hommes et de bons joueurs qui ont une histoire dans le football, mais ils sont marginalisés et mis hors circuit», a-t-il encore ajouté. Pour la star internationale du football, c’est une question d’hommes et de savoir-faire. «Il faut chercher un autre modèle de gestion, de professionnalisme, un modèle pour former la jeunesse au bénéfice du football algérien», a-t-il ajouté. Au sujet de la relation entre l’entrepreneuriat et le sport, Madjer considère que l’argent investi dans le sport en général et le football en particulier peut servir l’économie nationale. Il a estimé, à ce propos, que l’argent du football ne profite pas à l’économie nationale et que les clubs consomment l’argent sans une valeur ajoutée pour l’économie nationale. Il pense également que le sport peut être un vecteur de relance de l’économie nationale, à condition que les choses soient organisées, avec une gestion professionnelle et transparente. C’est pour laquelle, Madjer préconise d’investir dans les joueurs locaux, car les joueurs qui évoluent en Europe trouvent des difficultés d’adaptation. Pour Madjer «il y a beaucoup de facteurs négatifs chez nous. Il faut une volonté politique pour tout changer», conclut-il. W.B.  

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