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PLASTURGIE EN ALGÉRIE : DU LEADERSHIP À LA DÉPENDANCE

Yacine Ben   L’industrie plastique dans le monde a gagné ses titres de noblesse. Il faut dire que les applications liées à la recherche la placent, en très bonne place, en tant qu’industrie d’intégration dans le développement économique. Avec l’événement des technologies nouvelles qui s’en sont appropriées, la plasturgie propose des produits à haute valeur ajoutée. Les applications en plasturgie ont leur espace, dans tous les secteurs des industries liées à la construction, à l’industrie automobile, à l’agriculture, aux technologies nouvelles, aux aménagements, aux supports de communications, à la santé. De part sa nature de pays à vocation pétro-gazière, l’Algérie dispose de potentialités importantes en plasturgie. Surtout quant on sait que la quasi-totalité des matières plastiques provient aujourd’hui du pétrole brut et du gaz naturel. Mieux encore, malgré des chiffres de production qui ont grimpé en flèche depuis 50 ans, on n’utilise que 4% de la production pétrolière mondiale et 1% du gaz pour produire l’ensemble des matières plastiques consommées dans le monde. Mais force est de constater que la plasturgie en Algérie ne s’est pas correctement développée et reste un secteur à la traîne, alors que la demande locale a explosé. Le marché algérien de la plasturgie compte seulement 2.200 entreprises employant 20.000 salariés. Le nombre des entreprises est trop faible. Ce qui fait que l’Algérie demeure largement dépendante des importations. Sur un million de tonnes de plastique utilisé par an, seule la moitié est transformée en Algérie, alors que le reste qui est un produit fini est importé d’Asie et d’Europe. En chiffre, l’Algérie importe annuellement l’équivalent de 4 milliards de dollars de produits pétrochimiques. Ces importations représentent près d’un millier de produits chimiques que l’Algérie pouvait produire aisément si l’industrie de la transformation du pétrole avait été suffisamment développée.   UN POTENTIEL INEXPLOITÉ   Le potentiel du marché algérien des plastiques étant considérable, la consommation par personne se situe entre 8 et 10 kg. La demande est estimée à 300 000 tonnes par an, toutes applications confondues. Ce qui fait dire aux spécialistes qu’il faut des investissements importants dans cette filière pour créer davantage d’emplois et réduire les quantités importées. Ces mêmes spécialistes estiment que si l’on veut tirer profit du savoir-faire capitalisé par nos opérateurs du secteur, développer la production progressive des matières premières, issues de l’industrie de la pétrochimie, dans notre pays, demeure une priorité pour harmoniser la disponibilité des matières cotées en bourse, au bénéfice de l’économie nationale. C’est là, un programme et des choix qui sont à notre portée. Reste que sur le terrain les choses n’ont pas toujours évoluées dans le bon sens. En effet, les errements de nos politiques économiques, le manque de soutien à la production nationale et à l’investissement industriel productif, l’absence d’études, de prospectives et de veille stratégique, commerciale et économiques, a fait que la consommation par l’importation de produits finis de bas prix et de piètre qualité a envahi le marché national et piégé les producteurs nationaux qui se sont retrouvés en grande difficultés sans leviers de secours pour réagir. Nos voisins ont tiré plein profit de cette situation et du coup se sont développés pour satisfaire la demande algérienne. 30% des exportations tunisiennes touchant à la plasturgie et un peu moins pour le Maroc se font en direction de l’Algérie. Au niveau maghrébin, nous nous retrouvons après la Tunisie et le Maroc, et bien loin de l’Egypte. C’est-à-dire un rang qui ne sied guère à notre pays qui est un grand producteur de pétrole. Pourtant l’option de la pétrochimie a été prise depuis longtemps en Algérie. Dans les années 1970, il a été annoncé dans le plan de valorisation des hydrocarbures (Valhyd) non seulement la densification des canalisations d’amenée de gaz et de pétrole vers les ports pour l’exportation et vers les deux zones industrielles Skikda et Arzew qui devaient constituer deux pôles intégrés qui en amont devaient constituer les matières premières pour la pétrochimie. Ainsi plusieurs complexes étaient prévus à cet effet, tels la production de caoutchouc, solvants, détergents, matières premières pour médicaments, cosmétiques, résines, ammoniaque, produits d’électrification, fibres synthétiques. Cependant, dans les années 80, la majorité de ces projets a été annulée, faisant de l’Algérie un importateur net de produits issus de la pétrochimie, puisque pas moins de plusieurs centaines de millions de dollars sont consacrés à l’importation.   DES ERREMENTS POLITIQUES   Ces errements dans l’application du plan Valhyd, surtout dans un domaine qui est à la pointe des taux de plus value industrielle dans le monde, aurait grandement amorti le choc que subit le pays actuellement avec la chute drastique du pétrole et le peu de ressort dans l’agriculture et les moyens de production dans d’autres filières. Ces errements sont symbolisés par le démantèlement du plus gros complexe de production de polyéthylène basse densité (PEBD) à Skikda. Ce démantèlement a étonné beaucoup de monde, puisque Polymed qui lui, fabrique à Skikda du polyéthylène à haute densité (PEHD), est obligée actuellement d’importer l’éthylène avec tous les inconvénients sur les coûts de revient de son produit fini. Depuis quelques années, l’Algérie affiche la volonté de relancer sa branche pétrochimique pour mettre à disposition des autres branches industrielles la possibilité de se développer. Sonatrach, s’est lancée dans le plus important programme pétrochimique de son histoire, avec un projet d’investissement global de l’ordre de 28 milliards de dollars sur la période 2008-2012. Le Président Bouteflika avait instruit en 2010, le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, de relancer le programme pétrochimique en vue de réaliser une plus grande intégration de l’industrie nationale. Estimé à plus de 25 milliards de dollars, le programme de la pétrochimie algérienne ambitionne de contribuer au développement industriel du pays. Pour 36 milliards de dollars, pas moins de 20 projets intégrés dans le secteur de la pétrochimie seront réalisés d’ici 2024. Ces projets permettront de mettre sur le marché algérien et à l’international quelque 2,5 millions de tonnes de produits pétrochimiques constitués de 16 dérivés pétroliers de base. Autant d’annonces qui ne trouvent pas pour le moment une réelle concrétisation sur le terrain. En témoigne le projet de vapocraquage avec le français Total qui peine à voir le jour neuf années après la prise de décision. Il avait été décidé à l’issue d’une cérémonie d’ouverture des plis datant du 16 juillet 2007.
  1. B.
 

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