Pas moins de 150 médicaments en rupture de stocks

  Le secteur du médicament est plombé par la pénurie. Les pharmacies d’officine sont en rupture de stocks. Entre  170 et 200 types de médicaments sont sous tension, dont 150 manquent à l’appel. Selon le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine, Messaoud Belambri, les ruptures d’approvisionnement affectent, pas moins de 70 produits nationaux et 80 autres importés. Invité à s’exprimer sur les ondes de la radio nationale, M. Belambri a indiqué dimanche que les ruptures de stocks « ne datent pas d’aujourd’hui ». Il note cependant que les raisons à l’origine de cet état de fait ont été maintes fois identifiées, dont celle, dit-il, relative à la signature des programmes d’importation des produits de soins, effectuée, cette année encore, de « manière tardive » et repoussant d’autant les délais de réception de ces derniers. « La crise », signale-t-il, encore, touche également plusieurs autres  médicaments produits localement, soit explique-t-il, en raison de l’abandon de leur fabrication « par des entreprises publiques et privées », ou bien par suite d'une insuffisante production. C’est le cas, précise-t-il, d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, et de vitamines injectables, « indispensables ». S’agissant de l’enveloppe, de quelque 2 milliards d’euros, servant au financement des  importations de soins, l’invité se demande si elle est suffisante. D’un autre coté, il s’interroge de savoir si les importateurs « ont honoré les programmes d’importation en quantité et en qualité pour lesquels ils se sont engagés». Le président du Syndicat national des pharmaciens d’officines constate qu’en dépit de la présence de l’Agence nationale du médicament et d’une cellule de veille, doublée d’un Comité de concertation, le problème posé par les pénuries de traitements est resté en l’état. A propos plus précisément de la cellule de veille, « censée, déclare-t-il, être un organe d’urgence », M. Messaoud Belambri considère qu’elle « n’a pas travaillé de la manière qu’il fallait ». Il se demande aussi si l’Agence nationale du médicament, dispose de suffisamment de moyens « pour fonctionner de manière efficace » pour pouvoir régler « la crise du médicament ». Pour mettre un terme à la pénurie de médicaments, le Dr Belhambri estime indispensable de revoir tous les outils de suivi de cette filière, tout comme ceux relatifs à l’organisation d'une meilleure distribution. Il relève, par ailleurs, qu’il existe quelque 600 grossistes-distributeurs du médicament en Algérie, contre seulement quatre à dix dans des pays développés, avec lesquels, souligne-t-il, les pharmaciens éprouvent des difficultés à travailler, en raison du problème d'indisponibilité de traitements.  

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