Palestine: un gouvernement d’unité en vue

La formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale palestinien a été recommandée par le Mouvement Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, alors que la Russie doit relancer mi-février le dialogue inter palestinien à Moscou, au moment où la communauté internationale est appelée à obliger Israël à respecter les résolutions de l'ONU. Le Comité central du parti Fatah a recommandé dimanche soir, à l'issue d'une réunion présidé par M. Abbas, la formation rapide d'un nouveau gouvernement d'unité nationale palestinien. Le Comité central a indiqué que ce nouveau gouvernement d'unité national, destiné à remplacer l'actuel gouvernement de consensus dirigé par le Premier ministre, Rami Hamdallah, devrait réunir différentes factions politiques, des membres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des personnalités palestiniennes indépendantes. Le Comité central du Fatah a également recommandé la formation d'un comité réunissant les principaux dirigeants du Fatah pour entamer un dialogue et des consultations avec les différentes factions de l'OLP au sujet de la formation du nouveau gouvernement. L'actuel gouvernement de consensus palestinien a été formé à la mi-2014, conformément à un accord de réconciliation conclu à Ghaza. Lundi, le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a mis son gouvernement à "la disposition du président Mahmoud Abbas", au moment où M. Abbas s'emploie à former une nouvelle coalition. M. Hamdallah avait déjà remis en juin 2015 la démission de son gouvernement, sans qu'elle n'entre en vigueur. Le gouvernement est l'émanation de l'Autorité palestinienne reconnue internationalement. Un haut responsable palestinien a annoncé samedi que la Russie accueillera et parrainera à Moscou, mi-février, un dialogue inter palestinien destiné à faciliter la réconciliation et à mettre fin à la division interne. Selon l'ambassadeur de la Palestine en Russie, Abdulhafiz Noufal, Moscou a envoyé des invitations à dix organisations palestiniennes, dont le mouvement Hamas, et à M. Abbas. "Les sessions du dialogue se tiendront mi-février, à Moscou, pendant dix jours", a-t-il précisé, ajoutant que "les chefs des factions invités dialogueront pendant deux jours sur la réconciliation et les obstacles qui empêchent de la réaliser". M. Noufal a également dit que les chefs des organisations rencontreront le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et qu'ils l'informeront de ce qui aura été accompli pendant leur dialogue et de ce qu'ils attendent de la Russie. "L'invitation russe ne contredit pas les efforts déployés par l'Egypte qui est le principal artisan du projet de réconciliation", a-t-il dit, ajoutant que le rôle de la Russie complétera le rôle de l'Egypte. L'invitation russe témoigne de la volonté de la Russie d'écouter les différentes opinions de la partie palestinienne, a-t-il estimé, ajoutant que M. Abbas a salué l'invitation et émit l'espoir qu'il y aura bientôt un accord palestinien. Ce n'est pas la première fois que la Russie accueille un dialogue inter-palestinien. En janvier 2018, les chefs de dix organisations palestiniennes s'étaient réunis à Moscou pour discuter des problèmes inhérents à leur division interne. Appels au respect par l'occupant israélien des résolutions de l'ONU et à reconnaître l'Etat de Palestine Parallèlement à ces développements, la Ligue arabe a appelé la communauté internationale à mettre des pressions sur l'occupant israélien pour respecter les règles du Droit international, les résolutions des Nations Unies ainsi que le Droit international humanitaire et reconnaître les droits palestiniens. "Face à l'escalade et aux actions israéliennes, la communauté internationale doit mettre un terme à son silence et commencer à faire pression sur Israël pour qu'il se conforme aux règles du Droit international", a déclaré Said Abou Ali, secrétaire général adjoint chargé de la Palestine et des territoires arabes occupés à la Ligue arabe, dans un communiqué. Le responsable à la Ligue arabe a fermement condamné l'escalade des forces de l'occupation israélienne contre le peuple palestinien, notamment les attaques barbares et les massacres commis hier dans le village d'Al-Mughair, au nord-est de Ramallah, faisant un mort et des dizaines de blessés. "Ces crimes et ces meurtres quotidiens démontrent que le gouvernement israélien est décidé à continuer sa politique d'escalade", a-t-il déploré, estimant que le silence de la communauté internationale et le soutien américain incitent l'occupation israélienne à exécuter sa politique hostile contre le peuple palestinien désarmé. M. Abou Ali, a appelé, à cet effet, la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à assurer la protection internationale du peuple arabe palestinien soumis à l'oppression de l'occupation israélienne. Le peuple palestinien et ses dirigeants continueront à résister, "avec le soutien et l'appui de la Oumma arabe, et ne renonceront jamais à leurs droits, notamment le droit à l'autodétermination et à l'établissement d'un Etat indépendant et souverain avec Al Qods comme capitale", a-t-il enchaîné. Dans ce contexte, l'ambassadeur palestinien auprès de l'UE, Abdel Rahim Al-Farra, a réitéré l'appel aux pays de l'UE de jouer un plus grand rôle dans le processus de paix et de reconnaître l'Etat de Palestine avec El-Qods-Est occupée comme capitale. Les Palestiniens ont demandé à plusieurs reprises à la communauté internationale de superviser le processus de paix avec les Israéliens depuis que le président américain, Donald Trump, a considéré El-Qods occupée comme capitale d'Israël le 6 décembre 2017 et y a transféré l'ambassade américaine le 14 mai 2018.APS

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