Ouyahia aux chefs d’entreprises : l’Etat attend un retour sur investissement

  L’État se mettra à la disposition des opérateurs nationaux, il accorde des avantages que peu de pays concèdent aux investisseurs, mais il attend une contribution de ses opérateurs au développement économique. C’est en substance le message que le Premier-ministre a tenté de faire parvenir aux patrons lors de l’ouverture de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprises. Ahmed Ouyahia a énuméré dans un discours fleuve les réalisations des 18 dernières années grâce à des investissements publics de pas moins de 36.000 milliards de dinars.  Il a mis en avant les avantages fiscaux et parafiscaux accordés aux investisseurs, le maintien de taux d’intérêts négatifs au regard du taux d’inflation et le financement du recrutement de primo-demandeurs.  N’oublions pas non plus la décentralisation du traitement des dossiers d’investissement. Résultat  des courses plus de 50.000 nouvelles PME sont entrées en activité et près de 4000 nouveaux dossiers d’investissements ont été introduits auprès des guichets uniques de l’ANDI depuis début 2017. Le soutien de l’État aux entreprises ne cessera pas, malgré la crise financière.  Le recours à la planche à billets profitera principalement aux entreprises, privées notamment. Le Premier ministre a dans ce sens expliqué que le remboursement de la dette publique permettra d’injecter des liquidités dans les banques et de dégager de nouvelles ressources pour la levée de crédits au profit des investisseurs. Ouyahia rappelle aussi que le budget d’équipement passera à 4.000 milliards de dinars  dont la moitié servira au financement de chantiers nouveaux. Un formidable plan de charge pour les entreprises nationales, d’autant plus que des instructions ont été données pour recourir aux entreprises locales pour la prise en charge de la commande publique. « Le recours aux entreprises étrangères sera l’exception », a-t-il dit. Le Premier-ministre insiste aussi sur la volonté des pouvoirs publics de réduire les importations non seulement pour préserver les réserves de change, mais aussi fermer le marché et le réserver aux entreprises nationales. Un propos qui peut sembler « choquant » selon M. Ouyahia qui argue que si l’Algérie est tenue par des engagements dans le cadre de l’accord d’association avec l’UE, il existe des clauses de sauvegarde.
« Vous devez vous battre pour reconquérir le marché »
Le premier-ministre  a clairement promis aux patrons que l’administration sera mise à leur disposition. Mais se montrera ferme quant aux attentes du gouvernement en contrepartie de tous  ses efforts. "l'argent manque" et  désormais, "le soutien ira vers les entreprises qui ont un meilleur taux de rendement" dira-t-il.« Vous devez vous battre pour reconquérir le marché national », lancera-t-il aux  chefs d’entreprises. Ouyahia qui a, une nouvelle fois, affirmé que « le lobby des oligarques était le bienvenue », justifie son propos, par les vertus du dialogue pour identifier les potentialités économiques du pays.  Il attend de la croissance et un développement économique qui sera graduellement pris en charge par les opérateurs économiques. Le chef de l’Exécutif dira "miser" sur une délégation progressive « des missions et activités de l’administration et des entreprises publiques aux opérateurs qui ont des sous à investir. Nous souhaitons que d’ici 10 ans l’État sera régulateur », assène-t-il. Pour ce faire il attend de ces entreprises une contribution dans l’élaboration d’une carte économique du pays, une participation à la réhabilitation et à la réalisation de zones industrielles, non seulement dans les régions à fort potentiel, mais aussi dans les hauts plateaux et le Sud, à l’émergence d’une formation de qualité, à la recherche et développement, mais aussi  à la création de réseaux de distributions et à des capacités de transport et de fret privées, terrestre, maritimes et aériennes. Il invite surtout ces entrepreneurs à regarder au-delà des frontières et à développer des capacités de prospection des marchés à l’export.  Bref, il s’agit de se défaire des éternels réflexes d’assistés, pour prendre à bras le corps les questions liées au développement économique national.

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