Opep : Ultimes médiations pour Boutarfa

  Le ministre de l’Energie, M. Noureddine Boutarfa devrait se rendre dès samedi à Téhéran (Iran). Une visite au cours de laquelle M. Boutarfa devrait retrouver son homologue iranien, M. Bijan Namdar Zanganeh afin de trouver un terrain d’entente sur les mécanismes de mise en œuvre de l’accord d’Alger  et la répartition des quotas de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dans ce cadre. Selon un communiqué du ministère de l'Energie, "cette rencontre intervient dans le cadre de la poursuite des consultations et de la coordination entre les pays membres de l’OPEP pour parvenir à un consensus lors de la prochaine réunion ministérielle le 30 novembre à Vienne (Autriche) sur les modalités de mise en œuvre de l’accord d’Alger de façon à stabiliser les marchés pétroliers". M. Boutarfa devrait aussi rencontrer, lundi à Vienne, le ministre Irakien du Pétrole M. Abdelkarim Lâibi. Une visite qui s'inscrit dans le cycle de rencontre que le ministre de l'Energie a initié depuis quelques semaines pour parvenir à un accord juste et équilibré.   Un rôle central pour l'Algérie Il faut dire que depuis la réunion informelle de l'Opep tenue à la fin du mois de septembre dernier à Alger, l’Algérie joue un rôle de premier ordre et renoue avec sa tradition diplomatique au sein de l'Opep.  M. Boutarfa, a dès lors entamé de minutieuses négociations avec les pays membres de l'Organisation basée à Vienne afin de trouver un accord susceptible de mettre en œuvre la décision d’Alger consistant à ramener la production entre 32,5 millions et 33 millions de barils par jour. Le de l'Energie s’est ainsi entretenu à Alger avec son homologue saoudien Khalid El Falih le 13 novembre 2016. Il a également eu des entretiens, à ce sujet en marge du Forum des pays exportateurs de gaz à Doha avec le Président en exercice de l’Opep et ministre qatari du pétrole et de l’industrie ainsi qu’avec le représentant de l’Iran. M. Boutarfa a saisi l'occasion de la réunion informelle de Doha, pour soumettre une proposition au Comité de Haut Niveau mis en place par l’accord d’Alger. Le Comité de Haut Niveau, dont la présidence a été confiée à l’Algérie, s’est réuni à Vienne les 21 et 22 octobre et a décidé à l’unanimité de recommander la proposition algérienne à la conférence ministérielle du 30 novembre à Vienne pour être considérée comme base de travail pour mise en œuvre opérationnelle de l’Accord d’Alger. C'est dans ce contexte que le ministre algérien de l’énergie se déplace en Iran pour rencontrer son homologue Iranien M. Bijan Namdar Zanganeh dès samedi . Il devrait aussi rencontrer le ministre irakien du pétrole, M. Abdelkarim Lâibi, à Vienne le 28 novembre. Les négociations sur la mise en oeuvre de l'accord d'Alger et la répartition sont, comme attendu, difficiles. Même si les pays du Conseil de coopération du Golfe ont concédé une baisse de la production de ses membres à 1 million de barils/jour, l’Irak et surtout l’Iran tiennent mordicus à leurs positions et refusent de prendre part à toute baisse de la production. Dans la mesure où le gouvernement algérien a joué un rôle centrale lors de la réunion informelle de l'Opep à Alger, puis à Doha , les rencontres entre M. Boutarfa et ses homologues iranien et irakien seraient-elles d'ultimes médiations pour parvenir à un accord le plus avantageux possible et qui va dans l'intérêt commun de l'ensemble des membres de l’Organisation ? Pour l’Ex-P-DG de la Sonatrach, M. Nazim Zouioueche « la visite du ministre de l’Energie, M. Noureddine Boutarfa, à Téhéran est tout à fait naturelle dans les conditions actuelles. »   Obstination iranienne Il explique  que les positions de l’Irak et de l’Iran sont connues. «L’Iran  a toujours été clair à ce sujet. Il refuse de réduire sa production  tant qu’il n’a pas atteint son niveau de production d’avant les sanctions. Il considère qu’il n’est pas responsable de l’excès d’offre sur le marché. Il ne veut pas perdre de marché. Il est logique que le ministre algérien de l’Energie aille à Téhéran pour parvenir à un compromis. Je crois qu’il devra convaincre ses interlocuteurs qu’un accord sur la baisse de la production servira l’intérêt de tous », explique M. Zouioueche. Celui-ci estime que le marché souffre d’un surplus d’offre de 2 millions de barils/jour, or, « un gel de la production, ou même mieux une baisse de la production de 1,2 million de barils/jour donnera un signal positif envers les marchés. Ces derniers sont très réactifs. Une décision à Vienne pourrait pousser les prix vers 50,55 et 60 dollars. Le pire est que cette réunion ne sorte pas avec une décision ». Pour sa part, M. Abdelmadjid Attar, ex-P-DG de la Sonatrach et consultant pour les questions énergétiques, note une certaine « cacophonie » au sein des membres de l’Opep et des déclarations assez contradictoires. Il explique que « chacun des membres de l’Opep campera sur ses positions jusqu’à  la dernière minute».  M. Attar demeure optimiste, expliquant que le plus gros de la baisse sera assumé par les pays du Conseil de coopération du Golfe, « notamment l’Arabie saoudite qui annonce une baisse de 500.000 barils/jour, que je crois dérisoire, d’ailleurs. » L’Ex-P-DG de la Sonatrach estime que chacun maintient ses positions, « c’est une question de négociation. Il n’y a qu’à l’issue de la réunion que les résultats seront connus ».

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