Novembre 1954: les baroudeurs de la Soummam, un exemple d’engagement et de courage

Les baroudeurs de la Guerre de libération, notamment ceux de la wilaya-III historique, étaient légion. Certains étaient et sont encore de notoriété publique. D’autres le sont moins. Mais leur dénominateur commun, c’était la bravoure, l’engagement sans faille et leur détermination à servir la Révolution jusqu’à la victoire pour ceux qui ont survécu et le sacrifice ultime pour ceux tombés au champ d’honneur. Ce n’étaient pas des aventuriers, encore moins des têtes brulés. Mais l’exigence de l’indépendance et la foi en la noblesse de leur combat les a fortifié et les a poussé a réaliser des exploits stupéfiants. Combattant au corps à corps, au fusil, à l’arme blanche, ils savaient absolument tout faire. Et c’étaient aussi des meneurs d’hommes, donnant l’exemple galvanisant en permanence à leur troupe. "Blessés, fatigués, souffrant ouvertement ou en silence, ils étaient toujours d’attaque à repartir au combat, à aller harceler les rangs ennemis, à conduire des embuscades ou à récupérer des armes", témoigne l’ancien officier de l’ALN, Djoudi Attoumi, auteur de plusieurs ouvrages sur la guerre d’indépendance. Il en parle encore avec de grands yeux admiratifs, en se remémorant les actes accomplis par certains d’entre eux et qui relèvent, a-t-il soutenu, de "l’inimaginable". Ainsi en est le cas du chef militaire de la zone-1 et chef d’un bataillon de choc, Yousfi El Hocine, dit Moustache, qui s’est rendu auteur de plusieurs actes de Bravoure jusqu’à sa mort, les armes à la main en 1960, harcelant son répit les postes ennemis. Déserteur de l’armée Française, il s’est fait la malle de la caserne d’El-Eulma (Sétif) en décembre 1955, pour rejoindre la vallée de la Soummam, non sans avoir subtilisé un véhicule 4x4, de type Dodge, surmonté de surcroit, d’un fusil mitrailleur sur le capot, des armes et une dizaine de circonscrits, gagnés à la cause nationale. Avec armes, bagages et hommes, il a fait plus de 100 km pour rejoindre le front, franchissant avec témérité la succession de barrages militaires dressés sur le parcours menant à Bouandès, son village natal,Depuis, à la tête d’un groupe d’hommes, il a pris part à un grand nombre d’opérations, dont la plus connue restent la résistance et le attaques contre les soldats coloniaux durant l’opération "Espérance", conduite par le général Dufour et le sinistre Maurice Papon, alors, préfet de Constantine, et qui visaient la pacification de tout l’ouest constantinois jusqu’à Bouira. Pas moins de 10.000 hommes, furieusement équipés et soutenus par des dizaines d’avions, avaient été engagés sur le terrain entre le 29 mai et le 3 juin 1956, et qui a valu l’incendie de plusieurs villages et le déplacement de milliers de personnes. Le lieutenant Yousifi avait alors fait des prouesses pour desserrer l’étau sur les moudjahidine encerclés, notamment du coté d’Ath Abbas, Bordj Bou-Arredj et Guenzet dans le sud de la wilaya de Bejaia. Il a rendu l’âme en 1960, les armes à la main. Sa vie aura été un exemple de courage et de témérité, à l’instar de beaucoup de ses compagnons d’armes, de ceux qui ont fait partie de son unité ou qui ont assuré ave lui la sécurité et la protection du congrès de la Soummam en Aout 1956. Parmi eux, figurent Aissa Hamitouche dit "Boundaoui", originaire d’Ath-Abbas, connu pour s’être attaqué à tous les symboles du colonialisme en harcelant ses troupes et en détruisant ses infrastructures socio-économiques. En fait, les sérier dans un article de presse relevé de la gageure. Chaque personnage est un pan de l’histoire du pays et une tranche de vie qui renseigne sur les raisons de la victoire. Dans ce contexte, le capitaine Oudek Mohand Arab, en est la parfaite illustration. Avant même de s’engager dans l lutte armée, il avait déjà son groupe de moudjahines prêts au sacrifice dont des noms notoires. Le Commandant Hamai Kaci, Mourah Mokrane, Belkacem et Mohamed Said Hamai, Houari Idir et Gherbi salah en faisaient partie. Et chacun d’eux a fait office de grand baroudeur ultérieurement. Si H’mimi Oufadhel, Chaib mohand Ourabah, Seddik Oumahfi, qui a créé le bataillon de choc du Djurdjura et qui a capturé le capitaine Grazziani, le bourreau du 1er régiment étranger de parachutiste, qui a torturé des dizaines de moudhajidines, Salem Titouh, qui a abattu un avion de type piper en 1956, Hamou H’miti, qui s’était également distingué dans l’opération Dufour, Arezki l’Aurès Bayri, Azil Abdelkader, chef bataillon de la zone 1, et tant d’autres ont marqué de leur empreinte la vie politico-militaire de la wilaya III et qui ont fait sa grandeur historique et participé au triomphe de la Révolution. Ils avaient choisi leur camp, celui du courage. Ils s’y sont investis corps et âme, et se sont battus jusqu’à la mort, tombant au champ d’honneur, les armes à la main.

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