Montage automobile : népotisme, chantage et corruption

La troisième journée du procès relatif aux unités de montage automobile et qui se tient depuis mercredi au Tribunal de Sidi M’hamed a été inaugurée aujourd’hui par les interventions des opérateurs économiques qui se sont portées civiles et qui sont venues contredire les propos tenus par certains accusés pour leur défense.  Omar Rebrab, représentant du groupe Cevital, Abdelhamid Achaibou représentant de Carens et le représentant se sont succéder pour dénoncer les injustices, le chantage et l’exclusion dont ils ont été victimes.
Rebrab : "Oulmi a offert une villa à Bouchouareb"
 
Omar Rebrab représentant du groupe Cevital a expliqué au juge que la filiale du groupe familial qu’il dirigeait commercialisait depuis plusieurs années les véhicules de marque Hyundai. Mais après 2014 et la promulgation des dispositions relatives au montage automobile, l’entreprise a introduit une demande pour le montage des véhicules de marques Hyundai, Fiat et Daewoo. Or très vite, Cevital fait face à des problèmes. Omar Rebrab explique que les partenaires coréens ont rendu visite au siège de l’entreprise, afin de leur accorder leur agrément, mais les partenaires ont expliqué que Cevital faisait face à des problèmes avec le pouvoir politique et qu’il fallait d’abord le régler. Rebrab met aussi en doute la pertinence des choix des autorités de l’époque en expliquant que les unités de montage actuelles ne font toutes que du DKD (Disassenbled Knocked Down), soit le remontage de véhicule fabriqués et partiellement démontés.  Il ajoute que les conditions du gouvernement exigeaient le montage en SKD (Semi Knocked Down) et CKD (Complete Knocked Down). Pour Omar Rebrab, il ne peut y avoir de véritable industrie automobile, tant que les opérateurs ne fabriquent pas de pièce de rechange. Il accuse l’ex-ministre de l’Industrie en fuite, Abdesselam Bouchouareb de corruption en affirmant que « Mourad Oulmi (patron de Sovac, NDLR), à offert à Bouchoureb une villa à Hydra pour obtenir l’autorisation » de faire du montage.
Emin Auto a perdu 75 millions de dollars
 
Le représentant d’Emin Auto a expliqué que l’entreprise commercialisait cinq marques de véhicules en Algérie et qu’elle avait déposé un dossier d’investissement en 2015 après avoir retiré le cahier des charges et avoir reçu l’accord des partenaires chinois. Et de poursuivre qu’Emin Auto avait reçu l’accord préliminaire d’Abdesselam Bouchouareb et l’Andi. Emin Auto a alors acquis les équipements et signé le contrat avec le partenaire chinois, tandis que le dossier a été transmis au CNI. Le représentant d’Emin Auto a affirmé que l’entreprise a répondu à toutes les conditions et qu’elle avait pour objectif de mettre une véritable ligne industrielle et pas seulement une ligne de montage. Or, explique-t-il, un cadre du Premier ministère du temps de Sellal avait pris contact avec Emin Auto pour lui dire qu’il fallait céder 40 % de l’entreprise pour recevoir l’accord du CNI. Le même intervenant a également précisé que l’entreprise a introduit un recours, en vain. Et de conclure qu’Emin Auto a perdu 75 millions de dollars et a payé 12 millions de dollars de droits de douane.
Achaibou : « Nous avons écrit à Ouyahia »
 
Abdelhamid Achaibou explique pour sa part, avoir introduit un dossier d’investissement en septembre 2016, pour le montage de véhicules Kia. Il dit aussi avoir rencontré le président du comité technique Amine Tira, et ce même Amine Tira l’a exclut. Abdelhamid Achaibou indique avoir écrit à Abdelmalek Sellal, puis à Mahdjoub Bedda (l’ex-ministre de l’industrie dans le gouvernement Tebboune). Bedda avait promis d’ouvrir le dossier, selon Achaibou, mais il a signé les autorisations au bénéfice de Hassan Larbaoui pour le montage des véhicules Kia. Achaïbou affirme qu’il écrit à Ouyahia et qu’il a conservé toutes les correspondances pour le prouver. Notons qu’ahmed Ouyahia n’avait aucune connaissance du dossier Achaibou, et que ce dernier ne lui avait jamais écrit. Achaibou charge par la suite l’ex-ministre de l’industrie dans le gouvernement Sellal, Abdesselam Bouchouareb, en affirmant que Bouchouareb était un ministre plénipotentiaire et que Sellal n’avait aucune emprise sur lui.

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