Mohamed Laid Benamor, un oligarque en campagne

Le mouvement populaire enclenché le 22 février dernier suscite bien des vocations, même au sein des oligarques. Samedi 02 mars 2019, au lendemain du 2e vendredi de Hirak, c’est Mohamed Laid Benamor, vice-président de la Confédération du forum des chefs d’entreprises qui annonce sa démission de son poste au sein du conseil exécutif et le gel de sa cotisation au sein du Forum. Il explique son geste : le Forum s’est éloigné de sa base, lui qui devait n’être qu’une organisation apolitique. Sursaut de conscience ou opportunisme ? Une chose est sûre, Mohamed Laid Benamor  mène depuis une campagne acharnée pour se racheter une conduite. Il en profitera pour charger Ali Haddad, indiquant aux médias que «le forum a toujours œuvré pour les intérêts du pays, et se devait d’être apolitique » mais qu’Ali Haddad « s’est éloigné de cette ligne, ces derniers temps ». Il dira aussi que « le FCE a trop longtemps représenté une facette contestée de l’exercice du pouvoir », avant de plaider pour un  changement à la tête du forum qui pourrait lui permettre de « retrouver sa vocation initiale : celle de porter une voix qui est celle du progressisme et des réformes à même de permettre à nos entreprises de relever le défi de la diversification et la croissance de l’économie ». Un discours digne d'une campagne électorale. Pourtant l’oligarque n’a pas toujours été pétri de principes aussi nobles. Un mois avant ce changement de discours pour le moins radical Benamor, traitait la presse de tous les noms car ayant évoqué un possible rapprochement avec le candidat à la présidentielle Ali Ghediri. Il en profitait d’ailleurs pour renouveler ses vœux d’allégeance envers le désormais ex-président Bouteflika et son soutien indéfectible à un 5e mandat. Il justifiera ses positions plus tard. Après tout 80 % des entreprises subissaient le système. C’est dire que c’est ce même système qui l’a poussé en 2014, selon le témoignage de certains chefs d’entreprises,  à s’associer à Tayeb Ezzraimi et Brahim Benabdesselam à pousser les membres du FCE à un vote forcé à mains levées pour prendre position en faveur d’un 4e mandat présidentiel. C’est aussi ce système qui poussé M. Benamor à prendre la tête de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie pour l’asservir et servir de base au réseau naissant du nouvel FCE, quitte à dégommer Mohamed Chami, ex-DG de la Caci faisant de la résistance. C’est ce même système qui a incité le patron du groupe Benamor à faire main basse sur l’Eriad Corso, avec des méthodes pour le moins douteuses, grâce à la complicité de la P-DG du groupe Agrodiv, une certaine Djamila Ikhenache, ou plutôt devons nous dire Djamila Tamazirt, devenue depuis ministre de l’Industrie dans le nouveau gouvernement Bedoui. C’est ce même système qui a nourrit l’ambition de l’oligarque, entré en conflit ouvert avec Ali Haddad depuis au moins deux ans. En cause, en divergence d’opinion sur la transformation du FCE en syndicat, mais surtout une lutte pour le pouvoir. La démission d’Ali Haddad de la présidence du FCE semble donc ouvrir la voie à Laïd Benamor pour aller à l’assaut de ce qu’il a toujours convoité : la présidence du FCE.

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