Minurso: les mesures du Maroc compromettent le fonctionnement de la mission

  Les mesures de rétorsion imposées par le Maroc à l’égard de la Mission des Nations Unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) ont eu comme conséquences de compromettre le fonctionnement de cette mission onusienne, en l’empêchant de s’acquitter de ses fonctions, a indiqué vendredi un rapport de l’exécutif américain. " En mars (2016), le gouvernement marocain a annoncé une série de mesures qui compromirent la capacité de la Minurso à remplir ses fonctions", souligne ce rapport-bilan sur la participation des Etats-Unis à l’ONU en 2016, adressé au Congrès. Le président des Etats-Unis est tenu, en vertu de la loi de 1945 sur la participation des Etats-Unis à l’ONU de présenter, au moins une fois par an, au Congrès un briefing détaillé sur les activités clés des Etats-Unis aux Nations Unies. Ce rapport qui illustre la portée de l’engagement américain aux Nations Unies, relève que ce blocage a affecté "la composante civile de la Minurso, notamment son segment politique" et dont le nombre a connu "une réduction significative". Le document de l’administration américaine rappelle, à ce propos, l’annulation de la contribution volontaire au fonctionnement de la Minurso, accordée par le Maroc. Il revient également sur le vote divisé de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso en 2016. Le texte présenté, alors, par la délégation des Etats-Unis a reçu dix voix pour au Conseil de sécurité, deux voix contre et trois abstentions. Le renouvellement du mandat de la Minurso en 2016 a été entouré d’incertitudes comme toile de fond après l’expulsion du personnel civil de la Minurso. L’ancienne ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Samantha Power, avait déclaré à l’issue de ce vote que ce renouvellement revêtait un  caractère "litigieux" et constituait un "défi de taille" à l'organe onusien. Mme Power a affirmé que le Conseil de sécurité avait "la responsabilité de protéger l’intégrité du mandat de la mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental". L’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réitéré dans son dernier rapport sur le Sahara occidental de 2016 le mandat conféré à cette mission qui consiste à surveiller le cessez-le-feu pour maintenir le statu quo militaire et à organiser un référendum d’autodétermination dans ce territoire non autonome. Le rapport a précisé que ce mandat est défini par les résolutions successives du Conseil de sécurité, rejetant les interprétations erronées du Maroc qui veut limiter la mission de la Minurso à la surveillance du cessez-le-feu et aux questions militaires.

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