Malfaçons dans les logements: des mesures disciplinaires seront prises

« Les malfaçons et les défauts de conformité, apparents ou cachés, sont devenus une caractéristique de nombreux logements réceptionnés et livrés à leurs titulaires et ce, malgré les dangers que ces imperfections peuvent entraîner sur la vie de leurs occupants. » Tel est le constat fait par le premier ministre, Abdelaziz Djerad qui vient d’instruire le ministre de l’Habitat à prendre en charge ce dossier. Après le constat des fissurations survenues au niveau de la récente cité des 200 logements publics locatifs de Aïn Sefra (Wilaya de Naâma) qui  « en est la parfaite illustration », Kamel Bledjoud est sommé de « mettre en place une commission technique composée des premiers responsables des organismes (CTC, LNHC, CNERIB et CGS), chargée de déterminer les causes de la pathologie et de situer le niveau de responsabilité des différents intervenants ». Cette commission « proposera, aussi, les mesures urgentes pour intervenir sur les constructions concernées ». A la différence des traditionnelles commissions souvent chargées de procéder à un enterrement républicain où les conclusions ne sont jamais connues et aucune suite n’est donnée, celle-ci « sera mise à la disposition des services de la Gendarmerie Nationale dans le cadre de son enquête. » Auparavant, indique le communiqué du Premier ministère, il est question de « prendre les mesures disciplinaires et conservatoires à l’encontre des responsables en attendant les conclusions de la commission technique et de l’enquête de la Gendarmerie Nationale ». Ce qui laisse croire qu’une fois les responsabilités déterminées par les éléments de la Gendarmerie, des poursuites judiciaires seront entamées à l’encontre des indélicats intervenants.  Ce changement de ton indique l’intention ferme du gouvernement Djerad à combattre ces imperfections et défauts renforçant ainsi le contrôle des réalisations. Cependant, le bâtiment est loin d’être le seul secteur frappé de ces vices de forme et autres malfaçons. D’autres secteurs, si ce n’est tous les secteurs sont minés par ce genre de pratiques induites par un manque de contrôle de conformité, par la corruption et l’exclusion des opérateurs et entreprises fiables d’où cette médiocrité. L’absence de contrôle et l’impunité ont permis l’éclosion de toutes sortes de bricolage et de camelotes  inondant le marché algérien. De la simple ampoule électrique déficiente, jusqu’à la pièce de rechange en passant par les produits de beauté, les pâtisseries et bien d’autres produits de bases, tout est factice. Le cas des travaux publics est lui aussi à mettre sous la loupe compte tenu de l’état défectueux des routes. Le dernier accident causant la mort de 13 personnes et blessant 49 autres est édifiant. Les services de contrôle ont fini par abdiquer laissant le champ libre à tous ces trafics qui coûtent parfois la vie aux citoyens. Le cas des chauffe-eaux et chauffages à gaz en est une parfaite illustration. Ces appareillages causent chaque année des dizaines de décès. Sur le plan alimentaire, la liste des produits insalubres et devant être interdits à la consommation est aussi longue qu’un  bras. Capalgerie.dz et selon L’APOCE vient de révéler tout récemment le scandale du beurre frelaté et revendu par son producteur, la laiterie de Birkhadem. En Algérie, le bricolage et l'insolite sont devenus une seconde nature !

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