L’ORANGE DE LA MITIDJA SE PERD

Lila Tam   Habituellement disponible à des prix abordables sur les marchés jusqu’à fin avril, voire mi-mai, l’orange à travers ses différentes variétés s’est faite rare ces deux derniers mois. En plus d’être rare, elle est proposée à des prix loin d’être à la hauteur des attentes des consommateurs. Cédée actuellement entre 150 et 250 dinars le kilo (pour l’orange tardive) avec un très petit calibre et de qualité insatisfaisante, l’agrume choyé a déserté les marchés. Le déficit en pluie a fini par avoir raison d’une filière pourtant jadis porteuse pour l’agriculture. La production semble avoir baissé cette année, du moins selon les commerçants de la filière. « Les quantités proposées sur les marchés de gros est faible. D’où la hausse des prix », nous répondra un marchand de fruits à Alger. Une situation qui vient rappeler que l’agrumiculture se débat dans des difficultés. Conjuguée à l’absence d’organisation dans la filière, le manque de main d’œuvre qualifiée (comme c’est le cas pour les autres filières agricoles), le déficit en moyens de stockage, le non recours aux nouveaux modes d’irrigation plombent cette filière. Il faut dire que celle-ci est également minée par la spéculation, la prédominance de l’informel et l’absence de mécanismes de régulation et de contrôle de l’État .Ce qui fait que les prix restent soumis au diktat des différents intermédiaires au détriment des consommateurs et de la filière elle-même. Une filière qui perd de sa superbe avec un verger qui décline dans certaines régions à l’image de l’Oranie et même la Mitidja connue pour être le berceau de l’orange. D’où la disparition progressive de certaines variétés. Certes, cette région vient en pole-position des wilayas agrumicoles, de par sa superficie qui avoisine les 17 820 ha pour une production de l’ordre de 0,45 millions de tonnes (27% de sa superficie totale dédiée aux agrumes), mais on assiste ces deux dernières décennies au dépérissement du verger. Et ce au moment où la filière commence à connaître un essor dans d’autres wilayas. Une bonne partie de la production provient ces dernières années de l’ouest du pays, notamment, de Tlemcen, Relizane, Oran et Mascara. Dans cette dernière wilaya, la production d’agrumes prévue cette année est de l’ordre de 380.000 quintaux selon les services agricoles locaux qui ont relevé récemment que la production a connu un essor passant de 340.000 qx en 2011 à 375.000 qx en 2015. Les prévisions sont, par ailleurs, en hausse pour les années à venir pour atteindre 500.000 qx/an à la faveur des projets en voie de réalisation au niveau de la plaine de Hebra, au nord de la wilaya. Globalement, selon les chiffres de l’Institut technique de l’arboriculture et de la vigne, les rendements oscillent entre 185 et 190 quintaux à l’hectare, contre 200 et 205 quintaux/ha auparavant pour une superficie totale 63 000 ha dont 8 000 ha sont entrés en production en 2014. Avec ces données, le potentiel de production est estimé entre 10 millions et 12 millions de quintaux annuellement. L.T.   Classement du vergé agrumicole Le verger agrumicole est classé en trois catégories : Les plantations de 0 à 10 ans Les plantations entre 10 et 40 ans Les plantations entre 45 et 50 ans.   Variétés d’agrumes les plus répandues en Algérie Les clémentines, les Washington, les Thomson, la Navel et la Sanguine   QUELQUES CHIFFRES 63 000 ha représente le verger agrumicole en 2013 25 000 nombre d’emplois directs au verger 14 milliards de dinars est le chiffre d’affaires moyen de la filière

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