Loi sur la santé : veut-on faire avorter le débat sur la privatisation ?

  Le projet de la loi sur la santé continue de provoquer le débat. Fortement décrié par les syndicats qui y voient une privatisation du secteur,  le texte semble susciter une nouvelle polémique : celle relative à l’avortement.   Une question qui devait bénéficier de la caution scientifique, mais dont l’examen prend une tournure politique et religieuse. L’introduction de nouveaux articles destinés à préciser les cas où le recours à l’interruption thérapeutique de grossesse commence à occuper le débat, lequel ne fera que s’enflammer en raison des déclarations du président du Haut Conseil islamique, M. Bouabdellah Ghoulamallah qui regrette de ne pas avoir été consulté à ce sujet. Pour la députée PT et membre de la commission santé de l’APN, Mme Nadia Chouitem, la question de l’interruption thérapeutique de grossesse est une question purement scientifique, et n’a pas besoin de polémique politique et religieuse. Elle se demande si la polémique que l’on veut alimenter à ce propos n’est pas destinée à détourner les regards des questions de fond relatives à la gratuité des soins que le texte remet en cause, et à la privatisation du secteur. La parlementaire,  nous explique que le nouveau texte ne fait que « préciser certaines dispositions qui existent déjà dans le cadre de la loi 05-85 et sont destinées à se mettre à niveau avec l’évolution des techniques médicales.  Elles ne devraient susciter aucune polémique ». Il faut préciser que l’article 72 de la loi 05-85 qui date de 1985, stipule que « l’avortement  dans un but thérapeutique est considéré comme une mesure indispensable pour sauver la vie de la mère en danger, ou préserver son équilibre physiologique et mental, gravement menacé ». Le  projet de texte soumis à l’examen de l’APN stipule que l’interruption thérapeutique de grossesse  intervient lorsque «  la vie ou la santé de la mère est mise en danger par une grossesse », le médecin traitant doit  alors « informer le couple et envisager, avec leur consentement, les mesures médicales thérapeutique qu’il  juge nécessaires ».  Il intervient aussi lorsque « l’équilibre physiologique ou psychologique et mental de la mère est gravement menacé ». Le nouveau texte précise que l’ITG peut aussi intervenir « lorsque les affections dépistées par le diagnostic prénatal attestent avec certitude, que l’embryon ou le fœtus  est atteint d’une maladie, ou d’une malformation grave ne permettant pas son développement viable ». Les médecins spécialistes concernés, en accord avec les médecins traitants,  devront alors « en informer le couple et entreprendre avec son consentement toutes les mesures médicales thérapeutiques dictées par la circonstance ». Pour Mme Chouitem, les nouvelles dispositions demeurent dans le même esprit que la loi 85-05. Et de se demander s’il n’y a pas des parties qui souhaitent alimenter la polémique à ce propos pour détourner l’opinion publique des questions de fonds et des articles relatifs au financement du système de santé  ainsi que ceux relatifs à la place du secteur de santé.

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