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L’industrie agroalimentaire face à l’instabilité réglementaire

Lila Tam   Il a fallu attendre sept ans pour que le gouvernement rectifie le tir concernant l’obligation de recours au crédit documentaire comme seul moyen de paiement des importations. Instauré à la hâte, sans même préparer au préalable les banques au changement ; fortement contestée par le monde des affaires cette mesure arrêtée conformément à l’article 69 de l’ordonnance n°09-01 du 22 juillet 2009, portant Loi de finances complémentaire pour 2009, prendra fin dès janvier 2017. Et ce, sans atteindre l’objectif pour laquelle celle-ci a été mise en œuvre, à savoir la maîtrise des importations. Ce n’est qu’au bout de sept longues années que les pouvoirs publics se sont rendus compte de l’inefficacité d’une telle procédure qui a profité, selon les observateurs, beaucoup plus aux fournisseurs étrangers, avant de connaître un premier allègement en 2014, à travers le rétablissement de la remise documentaire comme second moyen de paiement des importations après le Credoc. L’article 108 du projet de Loi de Finances 2017, abroge l’obligation de recours au Credoc. L’exposé des motifs de la disposition explique, ainsi, que « le crédit documentaire, en lui-même, ne constitue pas un gage de conformité des produits importés (sic) et profite plus au fournisseur au détriment de l’économie nationale ». Et de préciser que « cette abrogation offrira aux opérateurs économiques plus de flexibilité pour choisir le mode de paiement qui est prévu par la réglementation en vigueur ». Un changement que saluent les opérateurs économiques affilés de la filière agroalimentaire fortement dépendante en importations d’équipements et de matières premières faute de connexion entre le monde agricole et celui de l’industrie. Poudre de lait, graines oléagineuses, blé, concentrés de jus de fruits, blé, et autres matières premières proviennent en majorité des marchés extérieurs. « Cette dépendance vis-à-vis des importations nécessite un des moyens de financement flexibles», nous dira à ce sujet un opérateur du secteur basé dans la vallée de la Soummam. D’autres estiment que ce recul ne fera que faciliter les opérations d’importations au moment où l’on cherche à encadrer le commerce extérieur et limiter la facture alimentaire. Mais le plus inquiétant pour le président du Consortium des industries agroalimentaires est cette instabilité dans la réglementation. Une instabilité qui nuit clairement au climat des affaires dans une période où l’on cherche à diversifier l’économie. « Ce recul et ces tergiversations s’expliquent par le fait qu’on élabore les lois sans consulter les principaux acteurs », regrette notre interlocuteur. Ce qui risque de freiner l’essor d’une filière qui compte aujourd’hui 140 000 travailleurs permanents répartis à travers 17 000 entreprises dont une bonne partie relève du secteur privé. Le public étant en difficultés actuellement. L’activité des IAA publiques a, d’ailleurs, enregistré, au cours du deuxième trimestre de l’année en cours, une baisse de plus de 5, 4%. A contrario, du côté du privé c’est le boom. Après le nord du pays jugé saturé, aujourd’hui, notamment en raison du déficit en foncier industriel, les opérateurs semblent miser, aujourd’hui, sur le Sud et les Hauts Plateaux, régions dans lesquelles le créneau est encore vierge. En effet, plusieurs projets sont en phase de lancement. La confédération des industriels et producteurs algériens ( CIPA) avance dans ce cadre la création de 250 000 emplois via 37 projets implantés dans la wilaya d’Adrar en joint-venture avec les Américains, et 31 autres projets installés à Bordj Bou-Arréridj. Ainsi, à Adrar, on annonce du côté de la CIPA l’exploitation des 7 500 hectares, pour un objectif de production de 200.000 tonnes de produits agricoles, de 1,17 million tonnes pour l’ensilage du maïs, 55.000 tonnes de blé, 60.000 tonnes d’orge et de 165 millions de litres de lait. « L’industrie transformatrice peut rester au Nord, mais la production doit aller vers le Sud », recommande à sujet le président de la confédération, Abdelwahab Ziani. Faudrait-il réfléchir à des mesures pour encourager les producteurs dans le Sud ? Pourra-t-on penser à des subventions et certaines aides spécifiques pour ces producteurs comme cela se fait actuellement dans le secteur du transport? L.T.

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