Les manifestations interdites à Alger !

Les manifestations durant la semaine sont toujours interdites à Alger. Pourtant, dans son intervention, le porte parole du gouvernement, Hacene Rabehi, affirmait, mercredi face à la presse, que les manifestations étaient autorisées. La présence des camions policiers anti-émeute, stationnés en renfort et ceinturant, ce samedi matin, la place Audin et la Grande Poste d’Alger, prouve tout le contraire et confirme que bel et bien les marches sont interdites. Le gazage des foules, vendredi, et les déclarations démentant la violence policière, augurent aussi de l’arrière-pensée du régime qui compte, à défaut de s’en emparer, tuer, le mouvement pacifique qui ne cesse de demander le départ de Bensalah et des trois autres « B ». Cet énième mensonge gouvernemental révèle bien les intentions du pouvoir qui compte essouffler la protesta tout en continuant à lui faire des promesses sans jamais les tenir jusqu’à museler cette volonté citoyenne par tous les moyens voire même les plus répressifs. Les engagements pris par l’armée de se ranger aux cotés du peuple se sont avérés chimériques. Des déclarations faite à la sauvette annonçant la « neutralisation » de « la bande de malfaiteurs », rien n’y fit. Aucune n’a été concrétisée. Bien au contraire, « les mis en cause » à l’origine de cette débâcle et qu’on refuse de divulguer les noms, semblent même bien gérer la situation et usent, sournoisement, de leur position toujours aussi forte tant au sein de la présidence de la République qu’au niveau du gouvernement et encore moins dans le milieu des affaires. Même les présumés « activistes étrangers qui tentaient de déstabiliser le pays en poussant le mouvement hirak à la confrontation avec les forces de l’ordre », semblent fantomatiques. La rue qui espérait voir tomber des têtes comme promis par le géneral Gaid Salah n’aura rien à se mettre sous la dent. Elle a, d’ailleurs, cessé d’attendre et désespère même de voir ses « bourreaux » jugés un jour. Gaid Salah qui a décidé de tourner casaque a, comme dans une partie d’échec et par un petit roque, profité pour renforcer ses propres positions en limogeant ceux qui le gênaient le plus ou ne partageaient pas ses visions, pendant que les frères Bouteflika et leurs clientèles continuent à se comporter librement. Les frontières n’ont jamais été aussi perméables que depuis la chute de Abdelaziz Bouteflika. Hormis le malheureux Ali Haddad, tous les autres continuent de circuler librement.    

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