Les magistrats brandissent le glaive de la Justice

« Mes chers confrères et consœurs procureurs de la République et magistrats, mes chers collègues de la Défense, n’ayez pas peur, n’ayez pas peur, n’ayez pas peur, le peuple Algérien vous soutient à rendre la Justice Algérienne indépendante. Je vous invite à refuser d’appliquer toutes instructions et injonctions dans l’application de vos jugements. Votre conscience et la loi, restent le seul juge. » Ce plaidoyer émane d’un procureur de la République s’adressant publiquement à sa corporation. Ce cri de liberté lancé à partir du perron d’un tribunal Algérien marque le début de la fin d’une ère injuste, pleine d’arbitraire et de partialité. L’affaire du magistrat relevé de ses fonctions pour avoir refusé de statuer sur une affaire de manifestants participant au hirak unie le corps de la magistrature. La conférence de presse donnée ce jeudi par le Procureur du tribunal de Sidi M’Hamed  conjointement avec le porte parole du club des magistrats  s’avère un véritable réquisitoire à l’encontre de la tutelle. C’est surtout  le  refus de soumettre le pouvoir judiciaire à la merci du pouvoir exécutif. Ce procès pour la séparation des pouvoirs marque un tournant décisif dans la vie des magistrats et de la Justice Algérienne à l’ombre du hirak. Longtemps soumise au politique, la Justice Algérienne, longtemps aveugle, s’est vu au fil des ans obéissant aux caprices des  potentats du régime qui usaient et abusaient  de ce pilier  de la République devenu un pantin aux mains des manipulateurs qui s’en servaient selon leur intérêts. Le porte parole du club des magistrats, un syndicat  qui vient de voir le jour et composé d’un millier de juges, ne ménage pas ses mots et insiste dans son intervention sur la principale revendication du corps de la magistrature qui est « l’indépendance du Pouvoir Judiciaire ». « Une indépendance qui n’est pas un privilège du juge mais plutôt un privilège pour le citoyen afin qu’il jouisse d’une Justice indépendante, impartiale, compétente et  intègre », plaidera-t-il. « Le but du hirak est de mettre fin à certaines pratiques d’un autre temps faisant du magistrat  un outil  aux mains du pouvoir exécutif,  soumis à ses demandes et ses desiderata ». Le jeune magistrat hausse le ton pour lancer une menace à ceux d’en haut. Il invite « celui qui prétend  polariser les attentions de se dérober des regards », une pichenette adressée aux hommes de l'ombre que l'on peut supposer être Saïd Bouteflika et le Garde des Sceaux Tayeb Louh . Une façon de brandir le glaive de la Justice que leur confère la Constitution et que lui et ses confrères viennent de reprendre en main. Un message codé aussi voulant dire : « nous sommes habilités à vous soumettre à la loi et vous juger ».  L’intervenant, solennel lance  un « J’avertis les gestionnaires par leur fonction et non par leur nom d’éviter de reproduire le scenario de 2016 en demandant la liste nominative des magistrats qui soutiennent le mouvement populaire ».  
بيان نادي قضاة الجزائر

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Publiée par Journal el Bilad sur Jeudi 21 mars 2019

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