Le procès du système

Triste sort que celui de nos ex-gouvernants. Jadis choyés au point de se sentir grisés par le pouvoir qu’ils exerçaient sans partage, s’amusant parfois comme des gosses avec leurs jouets, aujourd’hui au comble de l’ironie, ces mêmes chouchous du système Bouteflikeen font peine à voir. De leur prestige, il ne reste que des souvenirs. Se contentant à peine d’un panier à salade en guise de moyen de transport, ces hommes que l’impunité avait conduit à l’indélicatesse sont aujourd’hui, hués et honnis par le citoyen et jetés en pâture à la vindicte populaire. Ils jouissaient pourtant de la vie, se déplaçaient sous une protection prétorienne en carrosse, habitaient les plus somptueuses résidences. Que s’est-il donc passé pour qu’ils en arrivent là ? Leur addiction au pouvoir, diront certains, leur sentiment d’invulnérabilité penseront d’autres, les a conduit à la déchéance. Victimes d’un système défaillant qui a permis l’instauration de roitelets ou coupables d’abus et de tyrannie, leur devenir demeure sombre et triste. Le système qui les encourageaient et protégeaient s’illustre par son impersonnalité, telle cette machine mal réglée. Il n’a aucun ressentiment, ni sensation et encore moins d’humanisme. Ce système broie les hommes, les exploitent, les usent et fini toujours par les rejeter.  Ce procès ne doit pas être celui des Ouyahia, des Sellal, et des autres sbires, il doit être celui du système politique dans son ensemble. Ce fameux système qu’on désigne à peine par le pronom « On » singulier, imprécis et si impersonnel alors qu’il se compose de milliers d’acteurs doit être mis au pilori, jugé et condamné au changement. Le système ne doit pas juste se métamorphoser, mais changer en se couvrant d’abord de transparence et de règles démocratiques.

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