Le passeport symbole de la déliquescence de l’État

Lors de l’interpellation, à Oum Tboul, d’Ali Haddad, les douaniers avaient découvert que ce dernier détenait deux passeports, ce qui lui a valu des poursuites judiciaires. En guise de défense, Amokrane Allach, DG de l’ETRHB affirme que « compte tenu de leurs innombrables déplacements à  l’étranger, beaucoup de responsables Algériens ont deux passeports » (!!!) Cette information confirme le fait qu’il existe bien des irrégularités dans l’attribution de passeports et que ce document officiel a été banalisé. A titre d’exemple, chacun sait que pour renouveler une simple pièce d’identité, la récupération de l’ancienne est exigée, comment peut-on alors obtenir un deuxième passeport  pendant que le premier est toujours valable ? La loi est pourtant claire en ce sens. L’article 5 de la Loi n° 14-03 du 24 février 2014 relative aux titres et documents de voyage (vous pouvez consulter le texte sur ce lien) est pourtant stipule que « Nul ne peut être titulaire, en même temps, de plus d’un titre ou document de voyage de même nature ». L’abus des documents officiels est devenu un sport national. A telle enseigne que même les passeports diplomatiques ont perdu tout leur sens. Le fait que ces « passeports rouges » exonèrent leurs porteurs de toute formalité de visas en a fait un document très couru pour la clientèle du pouvoir. L’exemple du PDG de l’ANEP en est la parfaite illustration. Sinon comment expliquer que M. Amine Echikr puisse détenir un passeport diplomatique alors qu’il ne  répond pas aux conditions d’attribution de titre officiel de voyage comme le stipule le décret présidentiel 12-319 (vous pouvez consulter le texte sur ce lien) .  Les abus sont légions, au point où en 2014, l’ex-président Bouteflika avait ordonné aux anciens ministres ainsi qu’aux membres de leurs familles de restituer leurs passeports diplomatiques. Les abus dans l’usage et l’attribution de passeports diplomatiques donnent des arguments aux autorités étrangères pour outrepasser les obligations de la convention de Vienne. L’incident de la fouille au corps de M. Hamid Grine, ainsi que le passage de ses bagages au scanner, en 2015 à l’aéroport de Roissy,  alors qu’il était ministre et détenteur d’un passeport diplomatique algérien en est la parfaite illustration. Les autorités françaises  avaient à peine qualifié l’incident de « regrettable » sans jamais présenter des excuses officielles. Il faut dire aussi que notre passeport a été rendu banal par ceux-là même qui sont censés veiller au respect de l’image de marque de notre pays.

2 pensées sur “Le passeport symbole de la déliquescence de l’État

  • 4 juillet 2019 à 19 h 20 min
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    Il est courant que, dans d’autres pays, lorsqu’il s’agit d’hommes d’affaires voyageant trés souvent qu’ils aient 2 voire 3 passeports en toute légalité. Ceci pour contourner les longues attentes de délivrance de visas et ne pas pénaliser l’homme d’affaire dans ses RV et signatures de contrats à l’étranger. Quand on sait que certains consulats mettent 2 mois pour délivrer le sésame, ceci est logique. Tout ceci, en toute légalité il appartient à l’homme d’affaire de démontrer l’utilité de ce fait. Les pays qui acceptent cet état de fait font tout pour faciliter leurs hommes d’affaires dans leur mobilité et ces derniers sont tenus de rendre compte régulièrement des résultats obtenus par cette « faveur ».

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  • 12 avril 2019 à 18 h 10 min
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    Les autorités qui ONT failli à la loi doivent être JUGÉS pour les crimes contre l ALGÉRIE et son PEUPLE. TOUS ces voleurs profiteurs sans vergogne seront punis inchallah

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