« Le gouvernement opte pour les solutions les plus faciles ! »

MOHAMED CHERIF BELMIHOUB A PROPOS DE L’AUGMENTATION DE LA TVA   Propos recueillis par Lina Djoudi     Quelles sont, selon vous, les dispositions fiscales du projet de loi de finances pour 2017 qui vont se répercuter le plus sur le pouvoir d’achat des Algériens en 2017 ? En lisant le texte, j’ai surtout retenu le relèvement de certaines taxes. Il y a d’abord l’augmentation de la TVA de 2% : c’est une mesure qui va directement toucher le pouvoir d’achat des citoyens car c’est une taxe appliquée sur tous les produits sans exception y compris l’eau et l’électricité. Il y a ensuite l’augmentation des prix des carburants à la pompe, qui, en plus de subir la hausse de la TVA, vont augmenter dans une fourchette allant de 7 à 14% du fait de l’augmentation de la TPP (Taxe sur les produits pétroliers), calculée sur un volume de dinars par hectolitres. Sinon, pour les autres hausses des taxes, je ne pense pas qu’elles auront un impact significatif sur le pouvoir d’achat en Algérie.   C’est beaucoup pour le citoyen ? Non ce n’est pas beaucoup. Sincèrement, je m’attendais à plus pour ce qui concerne les carburants car l’Algérie est le pays où les prix du carburant est le plus bas dans la région. Des mesures sont nécessaires pour limiter le gaspillage de ces produits. Je n’aurais pas souhaité une hausse de la TVA, mais par contre j’aurais préféré un relèvement plus conséquent de la TPP, l’augmentation qu’on propose est très légère.   L’augmentation des taxes constitue-t-elle une réponse efficace à l’enjeu de l’équilibre budgétaire ? Oui. Mais le Gouvernement n’a malheureusement pas le courage de distinguer entre le consommateur moyen et les grandes bourses. On aurait pu aller chercher des recettes fiscales additionnelles en appliquant l’impôt sur la fortune ou en améliorant le recouvrement de l’impôt sur le patrimoine, on aurait alors ciblé les hauts revenus et épargné les petites bourses. Le projet de loi de finances contient par contre de nouveaux mécanismes pour faire payer les contribuables et pour améliorer le rendement fiscal. Une pénalité de retard sera appliquée dans ce sens (pour l’IFU). Je pense que c’es là une bonne démarche. Ce que je constate par ailleurs c’est que le niveau des recettes pour 2017, et même celui prévu pour 2018 et 2019, est resté relativement stable par rapport à 2015, où les prix du pétrole étaient déjà bas, ce qui signifie qu’on n’a rien fait pour trouver des alternatives aux recettes pétrolières par l’élargissement de l’assiette fiscale en taxant l’activité informelle ou en imposant le paiement par chèque par exemple. On a donc cherché les solutions les plus faciles comme l’augmentation de la TVA. Pire encore, pour contenir le déficit, on a coupé le budget d’équipement qui recule de 30% par rapport à 2015 et c’est dommage car des secteurs comme le BTPH, le logement et autres vont subir des coupes budgétaires très significatives. L.D.

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