L’aveu gênant du premier ministre

 L’Algérie est incapable de se projeter au-delà du marché pétrolier
C’est un bien étrange aveu que celui du Premier-ministre, M. Ahmed Ouyahia. Invité à débattre avec les patrons à  l’ouverture de l’université d’été du FCE, le chef de l’Exécutif a affirmé que l’Algérie ne peut pas se projeter sur 20 ans. «La Chine peut aujourd’hui se projeter sur 50 ans. En Algérie, nous ne pouvons pas nous projeter sur 15 ou 20 ans », a-t-il déclaré en réponse à l’une des questions posées par les chefs d’entreprises. Le Premier-ministre tente une explication en indiquant que les prévisions gouvernementales dépendent toujours de l’humeur du marché pétrolier. « Si le baril de pétrole remonte à plus de 100 dollars, il est sûr que nous serions contents. Mais si les Américains boostent leurs forages de schiste et poussent le marché à la baisse, cela ne nous satisfait pas », a-t-il avoué avant d’ajouter  que « c’est pour cela que nous ne pouvons pas nous projeter ». Si le propos de M. Ouyahia paraît de prime abord confus, il reflète néanmoins l’état d’esprit qui préside à la formulation des politiques publiques. C’est surtout le symptôme de l’échec de la diversification de l’économie nationale, encore dépendante des revenus pétroliers. L’aveu du Premier ministre révèle d’ailleurs l’incapacité des pouvoirs publics à se projeter dans des politiques de développement économique et social en dehors du pétrole. Ce qui explique l’attachement viscéral du pouvoir politique à la rente pétrolière et qui motive les intentions gouvernementales d’aller vers le développement des hydrocarbures non conventionnels, le gaz de schiste notamment, pour combler le manque à gagner induit par la baisse des cours du brut et le déclin des rendements des gisements traditionnels.

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