Lait, farine, semoule : le ministère du commerce déclare la guerre aux spéculateurs

Le ministre du Commerce menace les opérateurs indélicats de la filière. Kamel Rezig a promis samedi à l’issue de la réunion nationale des cadres du secteur du commerce que la crise du lait sera réglée d’ici une semaine. Un règlement qui ne se fera pas au prix d’une hausse des quotas de lait distribués aux transformateurs. Le ministre s’y oppose et indique qu’il refuse de céder au chantage. M. Rezig plaide pour un règlement définitif de la crise grâce à une reprise en main du marché. Pour ce faire, plusieurs décisions sont mises en œuvre.  Le ministère du Commerce a donné un délai d’une semaine aux intervenants de la filière lait pour se conformer à la loi. Le premier responsable du secteur a également instruit ses services de procéder dès demain, dimanche, à la fermeture de toute laiterie qui recourt à la vente concomitante. Certaines laiteries obligent, en effet, les distributeurs à prendre des produits laitiers non subventionnés, avant de leur permettre d’embarquer le lait subventionné. Le département du Commerce considère aussi qu’il est désormais hors de question de trouver sur le marché, du lait subventionné vendu à plus de 25 DA,  prix fixé par l’Etat. Un contrôle strict sera imposé aux détaillants, mais pas seulement. Pour Kamel Rezig, les problèmes de la filière devront être réglés en amont et en aval. Il explique que les perturbations sur le marché du lait ne sont pas du seul fait des petits détaillants. Mais elle sont induites par les agissements de certains opérateurs de la filière, qu’il qualifie de mafia du lait.
Révision des subventions
Le ministre précise que les quotas de poudre de lait subventionnée livrés aux laiteries permettent de produire plus de 4 millions de sachets de lai quotidiennement. Le problème est, selon lui, de savoir où va exactement cette poudre de lait, et les sachets produits. Rezig ajoute que son département a recensé 117 transformateurs et 2000 distributeurs. Aussi et afin de mieux appréhender le circuit, chaque transformateur sera tenu de dire avec précision vers quel distributeur va chaque sachet de lait produit. De même chaque distributeur devra informer les services compétents de toutes livraisons effectués chez les détaillants. Des données intégrées dans un système d’information qui permettra au service de contrôle de mieux surveiller le circuit. Ainsi, « chacun sera comptable de chaque gramme de poudre de lait qui sortira », a-t-il averti, menaçant les contrevenants de sévères sanctions. « Que ceux qui essayent d’en découdre avec la puissance de l’État, je leur réponds que dans une semaine ils pourront faire le constat du retour de l’autorité de l’État », assène-t-il. Le ministre indique aussi que les laiteries ont été incitées à ouvrir des points de vente directe afin de garantir la disponibilité du lait. Le ministre a enfin indiqué qu’un dispositif de lutte contre la spéculation sur les prix de la farine et de la semoule et qu’il n’est plus question que les produit subventionnés soient vendus au-delà des prix fixés par l’Etat. Des dispositifs qui ne sont, cependant, que provisoires. Le ministre estime qu’une révision du système des subventions demeure nécessaire.

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