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L’AGRICULTURE SAHARIENNE EN MARCHE

Lila Tam   Depuis les premiers épisodes de contestation des jeunes chômeurs en 2011, un regain d’intérêt pour le secteur agricole a été affiché par les pouvoirs publics. En effet, pour les représentants du gouvernement qui ont multiplié au cours de ces cinq dernières années une série de visites et de réunions (entre walis et membres du gouvernement) dans les régions du Sud, la solution au chômage dans cette vaste région riche en ressources en eau est l’investissement dans l’agriculture. L’encouragement des jeunes à travailler la terre a toujours été mis en avant avec des promesses d’aides financières. « Les ressources financières sont disponibles, et il faudrait encourager les jeunes à travailler la terre et tous les métiers agricoles tels que le forage et les travaux de mise en valeur », avait expliqué le premier ministre, Abdelmalek Sellal lors d’une de ses visites au Sud. A chaque fois, l’accent est mis sur l’encouragement du secteur privé à investir dans les domaines agricoles dans la perspective d’exploiter les richesses naturelles de la région et de créer des postes d’emploi. Ainsi, il y a lieu de rappeler qu’une enveloppe de plus d’un milliard de dollars a été dégagée pour le développement de l’agriculture saharienne. Des plans d’action de trois grands programmes de développement intégrés de l’agriculture saharienne ont été également mis en place pour l’aménagement et la préservation des parcours sahariens, des espaces qui représentent la plus grande partie du Sahara. Il s’agit de construire des puits et des forages d’abreuvement des cheptels, essentiellement camélidé et ovin, ainsi que la réalisation d’unités d’approvisionnement en alimentation et de santé animale.   CAP SUR LES FORAGES   Le second porte sur la préservation et le développement de l’agriculture oasienne à travers des actions de réhabilitation du système d’irrigation ancestral des oasis, dont les foggara. Le troisième programme vise le développement d’une agriculture d’entreprise avec la création de nouvelles exploitations agricoles grâce à la mise en valeur. Tout cela dans l’objectif d’augmenter la production agricole pour approvisionner les unités de transformation des produits agricoles. La réalisation de ces projets coûte près de 100 milliards de DA. Concernant les ressources en eau, le secteur avait mobilisé en 2012 une enveloppe de trois milliard de dinars destinée à l’irrigation au Sud en plus de six milliards de DA dans le cadre du Fonds de développement du Sud pour la réalisation des puits et forages.   ENGOUEMENT DES INVESTISSEURS   Ces mesures ont suscité l’engouement de la part des jeunes investisseurs pour l’agriculture qui ont saisi l’opportunité des dispositifs d’aide et d’accompagnement avec pas moins de 400 000 ha mis à la disposition des investisseurs pour la création de nouvelles exploitations agricoles. Des exploitations qui alimentent aujourd’hui une bonne partie de la production nationale. Cette production provient essentiellement de Biskra, El Oued, Ouargla et Adrar considérées comme des régions pionnières dans ce domaine. A titre illustratif, El Oued avec son statut de «pôle agricole» par excellence englobe plus de 2 200 hectares structurés en une quarantaine de périmètres agricoles, éparpillés à travers les 30 communes de la wilaya. El Oued n’est plus connue pour ses dattes mais aussi pour sa pomme de terre qui a réussi à s’exporter. Cette année, la carotte d’El Oued a, d’ailleurs, envahi les marchés de l’Algérois. Idem pour la tomate. Pour la première fois depuis des années, les prix de la tomate sont restés abordables pendant la saison hivernale. L’on a même enregistré un excédent de production rien que dans le Sud. L’on commence par ailleurs à trouver sur le marché depuis trois ans à une période précoce (dés avril) la pastèque d’El Menea dans la wilaya de Ghardaïa. Autre exemple, dans cette même région, les exploitations de maïs ont donné des rendements de 80 quintaux à l’hectare. Même constat pour les céréales.   CONCURRENCE   Au total, les wilayas du sud fournissent actuellement prés de 20% de la production agricole du pays. Une part qui devrait s’élever à 30%. Ce qui va leur permettre de concurrencer les wilayas du Nord. Les experts et les professionnels de différentes filières appellent d’ailleurs à poursuivre cet élan d’investissement pour réduire la facture d’importations. Mahmoud Benchakor, président du comité interprofessionnel du lait estime que l’encouragement de la production du fourrage dans le Sud est l’ultime recours pour réduire l’importation de l’aliment bétail et booster par ricochet la production laitière. Le Sud regorge de richesses agricoles. Il faut dire que les dispositifs d’aides ont eu comme principal effet le rush des investisseurs vers les terres longtemps délaissées, mais qui intéressent aujourd’hui des partenaires étrangers. Citons dans ce cadre le projet de la réalisation d’un complexe agro-industriel de plus de 250 ha à Touggourt (wilaya d’Ouargla), suite à une convention, entre l’Algérie et l’Espagne, pour la production de primeurs et de maraîchers. Aujourd’hui, avec les ressources financières qui s’épuisent, l’élan de développement de l’agriculture saharienne sera-t-il maintenu ? L’issue de secours viendra t-elle du Sud ? Des questions qui restent posées. L.T.  

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