LABEL APAB : AU DIAPASON DE LA QUALITÉ DES BOISSONS

Samira Ghrib   Apprendre au consommateur algérien à consommer autrement grâce à la labellisation. Dans une économie de marché où la libre concurrence est de mise, l’exigence de qualité des produits, et de la traçabilité de l’origine devrait être le baromètre de régulation du marché. C’est dans ce contexte que l’Association des producteurs algériens des producteurs de boissons (APAB) a décidé voilà plusieurs années de lancer un label devant refléter la qualité des boissons mises sur le marché et portant cette marque. C’est, d’ailleurs, la première initiative du genre et qui plus est, axe la démarche sur la traçabilité et la qualité des produits ainsi que sur la sécurité du consommateur. Mme Meriem Bellil Medjoubi, Secrétaire Générale de l’APAB, explique dans ce sens que le label développer par l’association est une marque collective développée par une corporation, celle des producteurs de boisson. Mme Bellil Medjoubi précise dans ce sens qu’il s’agit là de « favoriser la mise sur le marché de produits de qualité   et que l’on peut distinguer par un logo ». Il est donc clair que la démarche de l’Association s’articule autour de la qualité des produits. Aussi, nous explique la SG de l’APAB, l’attribution du label se base sur l’évaluation de deux volets. Il s’agit en premier lieu du management de la sécurité des denrées alimentaires selon les critères de la norme ISO 22 000. Il est ainsi clair, que la sécurité du consommateur et la traçabilité de la chaîne alimentaire sont élevés au rang de priorité absolue par l’Association professionnelle. Le second volet a trait au produit qui devra être conforme à la norme HACCP. Celle-ci, explique Mme Bellil Medjoubi, correspond à une méthode d’évaluation de la maîtrise de tous les points d’altération du produit. Elle précise que « cette méthode n’est pas obligatoire, du point de vue de la réglementation, mais il s’agit de garantir la sécurité et l’hygiène des produits » portant le label de l’APAB. Elle explique ainsi que l’accent est mis sur la traçabilité et la sécurité des produits labélisés selon la définition de la réglementation en vigueur. Laquelle réglementation est « la copie conforme du Codex alimentarus ».   UN AUDIT INDÉPENDANT   La démarche de l’APAB s’illustre également par son éloignement de toute forme de collusion ou de conflit d’intérêt. Il est vrai que pour obtenir le label, le producteur devra se soumettre à un audit externe, mené par le bureau international Veritas selon des critères bien établis. Mais le processus ne s’arrête pas là. L’attribution du label doit passer par une commission multidisciplinaire. Ainsi, et contrairement à certains comités de labellisation, la commission mise en place par l’APAB compte plusieurs membres issus de divers secteurs. Celle-ci est ainsi composée d’un représentant du ministère chargé du Commerce, un autre représentant celui chargé de l’Industrie, un représentant de le Fédération algérienne de l’Institut algérien de normalisation (IANOR) et enfin un représentant de l’APAB. Mme Bellil- Medjoubi précise, dans ce sens, que l’ensemble « des membres de la Commission, sont représentés à voix égales. L’APAB ne dispose que d’un siège et donc que d’une voix sur cinq, sans prédominance aucune sur cette commission ». Des éléments qui contribuent à crédibiliser la démarche de labellisation initiée par l’APAB, ainsi qu’une stricte application des normes et de la réglementation relative à la sécurité et à la traçabilité des denrées alimentaire. Il faut rappeler dans ce sens que l’APAB a initié en 2010 sa démarche de labellisation. Elle a, pour cela, lancé un appel d’offres pour la sélection d’un cabinet d’audit à la suite duquel a été retenu le bureau de certification Veritas et une campagne d’information a été lancée en juin 2012. La commission mise en place dans ce sens a, depuis, attribué le label à SBC Sétif.   DES CONSOMMATEURS PLUS EXIGEANTS   La SG de l’APAB explique aussi que l’Association professionnelle est en passe de lancer une vaste campagne de communication afin de mieux faire connaître de label. Celle-ci estime, d’ailleurs, qu’il s’agit de sensibiliser les consommateurs aux questions relatives à la qualité, à la sécurité et à l’hygiène des boissons mises sur le marché. Mme Bellil Medjoubi précise qu’une certaine anarchie mine malheureusement le secteur. Elle indique que si le secteur « des eaux est strictement réglementé, et que les eaux mises sur le marché sont soumises, chaque mois, au contrôle de l’Institut Pasteur, il y’a malheureusement beaucoup de tricheries dans le secteur des jus de fruit et eaux fruitées ». Elle explique ainsi que certains producteurs d’eaux fruitées qui contiennent moins de 10 % de fruits présentent celles-ci comme étant des jus de fruits ou des nectars de fruits devant eux contenir plus de 25 % de fruits. La SG de l’APAB pense que les consommateurs devront être plus exigeants en recherchant ce genre de label, d’autant que ces derniers sont aujourd’hui plus sensibles à la qualité des denrées qu’ils consomment et de leur impact sur la santé. Et d’ajouter que « c’est l’exigence des consommateurs qui est susceptible de mettre fin à l’anarchie ». Aussi, l’enjeu de la labellisation ne se limite pas à l’organisation du marché intérieur, mais également à la conquête de marchés à l’export. Mme Bellil Medjoubi rappelle à cet effet que les membres de l’APAB qui compte une quarantaine de producteurs et qui représentent 85 % du marché, « exportent pour 30 millions d’euros de boissons, essentiellement vers les pays d’Afrique et les pays arabes. » Pour rappel, l’APAB a été créée en octobre 2003, dans l’objectif de réguler le secteur des boissons, de moderniser, normaliser et standardiser ses méthodes, de lutter contre l’informel et la contrefaçon, ainsi que de protéger le consommateur. On peut ainsi compter parmi ses réalisations, entre autres, l’élaboration d’un manuel sur la traçabilité pour la filière boisson, ainsi que de nombreuses actions de sensibilisation aux systèmes de traçabilité et à la qualité des boissons, la création du cluster boissons, ainsi que du consortium d’exportations des boissons. S.G.  

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