La feuille de route libérale du FMI pour l’Algérie

L’Algérie devra continuer à soutenir les réformes afin de réduire les déficits et à diversifier l’économie dans la mesure où les prix du pétrole demeureront bas et que les réserves d’hydrocarbures sont épuisables. Le rapport de fin de mission du Fonds monétaire international au titre de l’Article IV de ses statuts recommande ainsi de prendre encore une batterie de réformes que ce soit en ce qui concerne les finances publiques, le sempiternel dossier des subventions, le marché du travail ou encore le climat des affaires. La mission du FMI qui a séjourné en Algérie du 12 au 20 mars estime que les défis pour l’Algérie demeurent importants dans la mesure où les indicateurs macro-économiques continuent de se dégrader. Le Fonds explique ainsi qu’au-delà de la baisse de l’activité dans le secteur hydrocarbures, il note une baisse de la croissance hors-hydrocarbures à 3,6 % en 2016, une hausse du chômage à 10,5 % et plus particulièrement chez les jeunes et les femmes. Il note également une hausse de la dette publique et une baisse des réserves internationales hors DTS de 30 milliards de dollars en 2016. Le FMI s’inquiète surtout de la montée des pressions inflationnistes avec un taux qui aurait atteint 8,1 % en glissement annuel en janvier 2017. Le fait est que tout reste à faire et qu’il ne faut surtout pas se leurrer par le léger sursaut des cours du brut enregistré au cours des deux premiers mois de l’année 2017. Pour se faire l’institution de Breton Woods propose une feuille de route fidèle en tout points aux positions défendues pars le Fonds depuis toujours, à savoir moins de subventions, plus de flexibilité sur le marché du travail, plus d’ouverture sur le privé et l’investissement étranger et resserrement des politiques monétaires.   Cibler les dépenses d’éducation et de santé   Afin de soutenir les efforts de réduction du déficit budgétaire, le Fonds recommande bien entendu de mieux cibler les subventions. Il s’agit selon lui, de « remplacer progressivement les coûteuses subventions à l'énergie, qui profitent le plus aux personnes aisées, par un soutien direct à la population qui en a le plus besoin; (…) L'investissement dans la santé, l'éducation et les filets de sécurité sociale bien ciblés devraient être préservés ». On constate ainsi que si le FMI prône la préservation des dépenses de santé et d’éducation et des filets de sécurité sociale et recommande de manière subliminale de les cibler. Il estime aussi que la consolidation budgétaire « devrait reposer principalement sur l'élargissement de l'assiette fiscale, y compris par une meilleure application fiscale et la rationalisation des exonérations fiscales ».   Plus de flexibilité du marché du travail   Pour ce qui est des politiques économiques le fonds préconise comme à l’accoutumée plus d’ouverture au secteur privé et à l’investissement étranger. Il estime que pour « assurer une source durable de création d'emplois même au-delà de l'horizon pour les réserves prouvées de pétrole et de gaz (…), des mesures sont nécessaires pour améliorer l'environnement des entreprises et l'accès au financement, renforcer la gouvernance et la transparence ouvrir davantage l'économie aux investissements étrangers » il insiste sur la refonte de la gestion du travail en rendant celui-ci « plus efficace, (et) faire en sorte que les compétences produites par le système éducatif et recherchées par les étudiants répondent aux besoins des employeurs ». une recommandation qu’il faudra décrypter comme étant de donner plus de flexibilité au marché du travail avec tout ce que cela implique.   Réajuster la valeur du dinar et lutter contre l’informel   Au volet des politiques monétaires, le FMI salue les efforts entrepris par la Banque d’Algérie pour la mise en place des instruments d’Open Market « qui devraient devenir son principal instrument de politique monétaire ». Il estime cependant que des efforts devront être entrepris en termes de resserrement des politiques monétaires et des politiques de change, ainsi que la lutte contre le marché informel de la devise . « Des efforts supplémentaires pour aligner le dinar sur les fondamentaux, conjugués à des mesures visant à éliminer le marché parallèle des changes, appuieraient l'ajustement budgétaire et extérieur », note le rapport.

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