La contre-révolution a commencé

« La République des copains et des coquins », nous y voila donc ! De Houda Feraoun et sa proximité avec les Bouteflika, à Meriem Merdassi qui de simple secrétaire de Bedoui le wali de Constantine, devient ministre de la Culture dans le gouvernement du premier ministre Bedoui, ou encore le neveu du président du Conseil constitutionnel, Hacene Rabehi, fringant ministre de la Communication,  cette folle vague de nominations des proches et copains ressemble plus à un regroupement familial qu’à un gouvernement. La smala, chargée de remettre de l’ordre dans la maison « parentale », vient à la rescousse des pions du système et s’attèle à « recadrer » tout contrevenant. Le quitus donné, hier, par le ministre de la Communication aux responsables de l’ANEP révèle l’intention du pouvoir à préserver « sa poule aux œufs d’or » et de continuer à « distribuer » la manne publicitaire publique qui s’élève à quelques milliards de dollars, à ses courtisans. Le clan désavoué par la rue semble reprendre du poil de la bête et revient à la charge à travers les menaces du jeune parent de Tayeb Belaiz et de la répression ordonnée par Bedoui contre les manifestants dont les étudiants qui avaient « osé » occuper la place de la Grande Poste, reprise d’ailleurs par les forces de la répression. La présence des anciennes figures, telles El Okbi Habba, Reguieg, Zarhouni et toute la suite accueillant le nouveau chef de l’État à la présidence de la République augure de l’intention du pouvoir à se recycler. Le Hirak n’aura réussi, en définitif, qu’à faire déguerpir AbdelazizBouteflika. La présence de ses frères, Saïd qui reste librement actif et Nacer maintenu à son poste de secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, le prouvent bien tout comme le retour d’Ahmed Ouyahia qui reprend en main le RND et pense même à se présenter à l’élection présidentielle organisée par Bensalah, Bedoui et Belaiz. Ould Abbes, à son tour, « sort de son silence » et ne semble pas affecté par la disgrâce de son maître à penser pour se rappeler qu’il est « toujours SG du FLN », tout comme Sidi Saïd qui va jusqu’à demander la tête de syndicalistes et Secrétaires de wilayas qui avaient osé demander un retrait de confiance. Mieux encore, la réhabilitation de l’ETRHB et d’Ali Haddad est de plus en plus revendiquée. Le clan se recompose tel des particules de mercure et se régénère pour prendre d’assaut les institutions à travers les prochaines élections présidentielles qu’essaie d’imposer Bensalah dans trois mois. La volonté de museler la presse, la répression des manifestants, la réhabilitation des symboles de la gabegie et de la corruption ainsi que les représailles contre ceux qui, au cœur du système, avaient dénoncé la déliquescence des institutions  veulent dire une chose : la contre-révolution a déjà commencé !

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