Khashoggi: Ankara partage ses informations avec la CIA, selon un journal turc

Un journal proche du pouvoir turc a rapporté mercredi que les services de renseignement d'Ankara avaient partagé avec la directrice de la CIA, arrivée en Turquie, les éléments recueillis dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. D'après Sabah, l'un des principaux quotidiens qui publient les "fuites" turques depuis le début de l'affaire Khashoggi, les services de renseignement turcs (MIT) ont "briefé Gina Haspel sur les preuves liées" au meurtre du journaliste saoudien. Le journal avance notamment que le MIT a "montré" à la directrice de la CIA "des images vidéo et des enregistrements audio", et "partagé" avec elle "les éléments obtenus lors de la perquisition du consulat général et de la résidence du consul d'Arabie saoudite (à Istanbul)". Âgé de 59 ans, Jamal Khashoggi, un éditorialiste respecté qui collaborait au Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat général de son pays à Istanbul. Dans les jours qui ont suivi sa disparition, des journaux turcs, dont Sabah, ont rapporté que les enquêteurs turcs avaient en leur possession des enregistrements vidéo et audio prouvant que Khashoggi avait été torturé, tué et démembré. L'existence de ces documents n'a en revanche jamais été officiellement reconnue par Ankara et le président Recep Tayyip Erdogan n'en a pas fait état mardi dans un long discours sur l'affaire Khashoggi. Selon Sabah, Gina Haspel, une espionne de carrière, turcophone et qui a pris la tête de la CIA en avril, a par ailleurs eu "des entretiens à haut niveau" à Ankara où elle a atterri mardi. Dans un discours mercredi, M. Erdogan a de nouveau insisté sur la nécessité de déterminer toutes les responsabilités dans le meurtre de Khashoggi. "Notre pays est déterminé à ne pas laisser ce crime être mis sous le tapis et à ne laisser personne, des commanditaires aux exécutants, échapper à la justice", a déclaré le président turc. "Nous avons démêlé, démonté tout cela pièce par pièce. Ce n'est pas fini, nous continuons et le monde suit aujourd'hui de près cette affaire", a-t-il ajouté. AFP

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