Importation de véhicules de moins de 3 ans : Bekhti Belaib contre tous !

Azzedine Belferag   Caffouillage et bafouillage à haut niveau. Entre le ministre du Commerce, M. Bakhti Belaib et son homologue et non moins Co-partisan, M. Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, le ton n’est guère aux mamours. L’un engage un chantier, l’autre lève une contrainte. Le premier s’attèle à réinstaller un tissu industriel automobile, disparu dans les années 1970, et qui ne fait pas l’unanimité suscitant la polémique, le second remet sur tapis la possibilité d’un retour à l’importation de véhicule usagés. Une idée qui effraie constructeurs français et concessionnaires algériens qui voient en cette décision une menace bien que celle-ci réjouisse les citoyens. D’ailleurs, cela explique la levée de bouclier et les critiques émises ça et là par les partisans de Ouyahia et autres formations politiques à l’instar de l’ex ministre du Commerce et néanmoins chef de parti, Abdelmadjid Menassra qui a considéré cette annonce de « populiste ». Et c’est à coup de communiqués et de déclarations opposés que les deux ministres réagissent. M. Bouchouareb ira jusqu’à récupérer l’idée et se l’approprier en innovant par sa « proposition» d’établir « un cahier des charges et de laisser murir l’idée jusqu’à 2019 ». Le retour des importations des véhicules d’occasion est donc définitivement exclu autant pour les particuliers que pour les concessionnaires, selon les déclarations du ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, à l’agence officielle en marge de l’inauguration du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets à Alger. M. Bouchouareb affirme que « le gouvernement entend organiser le marché intérieur de l’occasion ». Un « (…) cahier des charges qui va réguler le marché des véhicules d’occasion est en cours d’élaboration. Des équipes sont en train de travailler dessus et on annoncera ses conditions dès qu’il sera prêt . Un marché de la voiture d’occasion sera créé », a-t-il précisé. Un stand-by qui permettra de faire profiter les concessionnaires de cette ouverture. Cependant, la question qui reste en suspend semble être celle liées aux coûts d’importation en devises. L’opération se fera-t-elle sur le compte du change officiel ou devra-t-on recourir au marché parallèle des changes ? A coup sûr, et de l’avis de beaucoup, le recours à l’importation de véhicules de moins de 3 ans cassera le monopole du marché du neuf, serait bénéfique et n’influera sûrement pas sur l’économie du pays. Bien au contraire, cela permettra de réguler le marché de l’automobile. D’ailleurs, cela fait partie des exigences de l’OMC, organisation que l’Algérie souhaite intégrer. Il faut savoir que durant les années 80, les importations de véhicules usagés avaient atteint quelque 70.000 unités à raison de 1.200 véhicules, disposant d’argus de 05 ans, par mois et par port (il faut compter celui d’Alger, Oran, Bejaïa, Annaba et Skikda sans compter les frontières terrestres). Il s’agit de véhicules importés en AIV, de ressortissants algériens résidant à l’étranger et autres privés. Il est vrai aussi que le vœu, pieu fut-il, de M. Bouchouareb de doter le pays d’une industrie automobile serait louable si ce dernier projet venait à s’inscrire en direction du marché mondial et pas seulement destiné à la consommation nationale et par extension à pourvoir le marché africain. Une exigence instaurée par le partenaire français. D’ailleurs, une clause interdisant l’exportation des véhicules vers l’Europe a été imposée à l’Algérie l’obligeant, en cas de production excédentaire par rapport au marché algérien, d’exporter ces véhicules vers l’Afrique. L’entreprise aurait été encore plus bénéfique si la partie française chargée de la réalisation d’usine de fabrication automobile n’avait pas choisi s’installer en force chez nos voisins et inciter les équipementiers automobile à s’y établir au Maroc. Elle limitait ainsi l’Algérie à une simple base arrière destinée à combler le déficit marocain qui sera renfloué, en cas d’ouverture des frontières terrestres, grace à sa proximité avec l’usine d’Oran. L’usine de montage Renault de Tanger produira, elle, jusqu’à 400.000 voitures par an destinées aux marchés européens et le reste du monde. C’est, d’ailleurs, ce qui semble faire courir les français qui s’activent à appuyer la demande marocaine et militent pour la réouverture des frontières Algéro-marocaine, fermées en août 1994. Renault qui a refusé le site de Bellara, à Jijel, semble avoir tout fait pour s’installer à Oran en raison de la proximité de Tanger Med là où tous les équipementiers ont été installés avec comme arrière pensée politique de faire le pressing sur les Algériens pour une ouverture des frontières qu’Alger refuse à ce jour. C’est la même méthode qu’entend entreprendre Peugeot en s’installant à Tanger Med avant qu’Alger ne dise basta. Renault qui devait amener dans son sillage des investisseurs et des équipementiers pour la sous-traitance et booster les PME algériennes de sous-traitance et devait même présélectionner 28 PME pour cela, ne semble guère emballé. Le résultat est palot, la preuve ! En s’établissant en Algérie, après trois longues années de négociations, la firme au losange qui a reçu l’accord pour implanter son usine d’assemblage le 19 décembre 2014 à Oued Tlelat, à Oran en partenariat avec l’Algérie s’est engagé à produire 75.000 unités et ramener le taux d’intégration à 25%. Deux années plus tard, ce taux ne décolle pas et avoisine à peine quelque 10%. La nouvelle usine de Tlelat qui ne parvient à assembler que 25.000 à 30.000 véhicules par an importe 54 % des pièces de Roumanie et de France. Une aubaine qui permettra à la France de réaliser une valeur ajoutée de près de 44% en attendant que ne se développe une filière locale d’équipementiers dont l’arrivée est attendue. Un retard qui a fini par excéder les Algériens. A.B

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *