Guitouni: des contraintes freinent une meilleure croissance mondiale des industries du gaz

Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni a soulevé jeudi à Barcelone (Espagne) les contraintes qui freinent une meilleure croissance mondiale des industries du gaz, dont notamment la compétition dont cette énergie fait face sur tous les segments. "Le gaz naturel fait face à trois difficultés: La première résulte de sa faible densité énergétique, induisant des coûts de transport relativement élevés. La deuxième est que sans maitrise des émissions de méthane dans la chaine de production, son avantage pour le climat est diminué. La troisième est que, contrairement au pétrole qui dispose d’un secteur captif, celui du transport, le gaz est partout en compétition avec d’autres énergies alternatives", a expliqué M. Guitouni lors du 6ème forum ministériel du gaz, organisé conjointement par le Forum International de l’Energie (International Energy Forum, IEF) et l’Union Internationale du Gaz (International Gas Union IGU). C’est pourquoi, a argumenté le ministre, "le gaz naturel nécessite la mise en place de politiques énergétiques qui favorisent la protection de l’environnement, rémunère les capacités de backup dans le secteur électrique, et génère un signal prix du carbone suffisamment fort". Par ailleurs, en dépit des perspectives gazières prometteuses, le ministre a souligné que pour assurer les développements de gisements et d’infrastructures requises, "il est nécessaire que le prix du gaz soit suffisamment rémunérateur et qu’une prédictibilité soit assurée en termes de demande." A ce propos, il a mis en avant les changements observés dans certains marchés visant à privilégier les transactions de court terme. "Pourraient-ils assurer cette prédictibilité et cette sécurité de demande, au même titre que les contrats à long terme, qui assuraient un partage équitable des risques et des avantages?" s’est interrogé le ministre avant de convenir "que ce serait le cas si cela conduisait à une valorisation moindre de cette ressource naturelle non renouvelable et épuisable." Outre les contraintes, M. Guitouni n'a pas manqué de faire le point sur les avantages du gaz naturel, en comparaison avec les autres énergies à l’instar de sa flexibilité et son abondance. "Le gaz naturel dispose d’avantages indéniables qui lui permettent de jouer un rôle encore plus important dans le futur", a t-il souligné lors de son intervention dans la session consacrée à la croissance de la demande de gaz au-delà de la production d’électricité et aux voies et moyens d’encourager les investissements nécessaires dans les infrastructures et les flux commerciaux. "Selon le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), les ressources de gaz naturel correspondraient à 130 années au rythme actuel de production", a-t-il indiqué. Evoquant le second défi lié à l’impact environnemental, M. Guitouni a indiqué que le gaz naturel constitue une part de l’équation menant à une croissance inclusive et durable. Evoquant l’expérience algérienne, M. Guitouni a indiqué que l’Algérie est un des pays leaders dans le gaz naturel et l’un des premiers exportateurs de gaz. Disposant de trois gazoducs vers l’Europe et de quatre unités de liquéfaction de gaz naturel, l’Algérie est l’un des premiers exportateurs de gaz au monde. Ses complexes géochimiques pour la production de méthanol, d’ammoniac et d’urée permettent une diversification de ses exportations. L’Algérie a été un fournisseur stable et fiable de gaz naturel, durant même les périodes difficiles, et a pu assurer une sécurité parfaite des approvisionnements de ses clients, a-t-il tenu à souligner. Elle s’est également appuyée sur le gaz naturel pour développer son économie et améliorer les conditions de vie de ses citoyens. C’est ainsi que l’électrification du pays a atteint pratiquement 99%, avec un système de génération basé essentiellement sur le gaz naturel. Malgré sa large superficie, le taux de raccordement au gaz naturel a atteint près de 60% grâce à une politique volontariste dans ce domaine. Le reste de la population est alimenté en gaz propane. En d’autres termes, quasiment l’ensemble de la population en Algérie a accès à l’électricité et au gaz. Il convient de rappeler qu’outre les réserves conventionnelles, l’Algérie dispose de ressources de gaz de schiste énormes, les troisièmes du monde en termes de volume. M. Guitouni a mis en exergue la dynamique insufflée au secteur de l’Energie en Algérie qui "témoigne de la stabilité de ses institutions, stabilité maintenue justement grâce aux réformes et compromis sociaux engagés par le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika" et grâce aux "investissements gigantesques" réalisés pour relancer la croissance économique. Le ministre est, à ce titre, revenu sur les améliorations que l’Etat apporte à la loi sur les hydrocarbures et qui "s’inscrivent dans cette volonté de densifier la concertation avec les partenaires mais aussi de promouvoir la coopération sectorielle et privilégier les voies qui mènent au développement durable et à une valorisation locale optimale des ressources du pays. "L’objectif est de créer des richesses et de l’emploi et d’assurer la croissance tout en préservant les acquis sociaux de notre économie", a-t-il encore souligné.APS

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