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FMI : LE STATUT QUO MÈNERA L’ALGÉRIE À LA RUINE !

Le Fond monétaire international vient de publier un état des lieux de l’évolution des indicateurs macro-économiques et leurs perspectives en Algérie. Les prochaines années risquent d’être difficiles, de l’aveu même du ministre des Finances. La baisse des cours du pétrole n’impacte pas encore la croissance mais, celui-ci ne tardera pas à se faire ressentir. Un constat pourrait résumer les conclusions du FMI au terme des consultations menées au titre de l’article VI, tous les indicateurs virent au rouge. Cependant le Fonds considère que tout n’est pas perdu pour autant. L’Algérie dispose encore d’une marge de manœuvre grâce à l’épargne cumulée au cours de la dernière décennie. Si l’économie algérienne dispose d’une marge de manœuvre pour face au choc, même conjoncturellement, cependant, l’institution de Bretton Woods n’oublie pas de préconiser certaines mesures.   ETAT DES LIEUX   Le FMI commence son rapport par un constat lequel fait ressortir que : La croissance a été soutenue en 2015. Après une décennie de contraction, la production d’hydrocarbures a légèrement augmenté l’an dernier de 0,4 %, tandis que la croissance hors hydrocarbures a été stable. La croissance globale a légèrement progressé, passant de 3,8 pour cent à 3,9 pour cent. Cependant, l’inflation moyenne a dépassé l’objectif de la Banque d’Algérie (BA), probablement tirée par les effets de l’offre et de la dépréciation du dinar. Le taux de chômage, quant à lui, a augmenté de 10,6 % en septembre 2014 à 11% en Septembre 2015. Il reste particulièrement élevé chez les jeunes (29,9 %) et les femmes (16,6 %). Le Fonds précise aussi que le déficit budgétaire a atteint un niveau record en 2015 en raison de l’effondrement des recettes des hydrocarbures et une expansion budgétaire significative en raison de l’importance des dépenses publiques. Le déficit budgétaire global a atteint un niveau record de 16,4 % du PIB. La baisse des prix du pétrole traduit en une baisse de 30 % des recettes des hydrocarbures, tandis que les dépenses ont augmenté de 10,2 %, tirée par une augmentation des dépenses en capital. Le déficit a été financé principalement par des prélèvements sur les ressources du Fonds de règlement des Recettes (FRR). Le précieux bas de laine des Algériens ne représente plus que 12,3 % du PIB, contre 25,6 % en 2014.Le déficit du compte courant s’est également creusé de manière significative, mais le niveau des réserves de change est resté confortable. Les réserves de change ont diminué de près de 35 milliards $, mais restent importantes, et peuvent couvrir deux ans et demi d’importations nettes. Côté taux de change du dinar, le FMI considère que le taux de change effectif réel reste nettement surévalué. En dépit d’une dépréciation de 25 % du dinar par rapport au dollar, le taux de change effectif nominal s’est déprécié de 6,7 %, seulement, en 2015, en raison de la dépréciation des monnaies des autres partenaires commerciaux.   MOINS D’ARGENT DANS LES CIRCUITS   La baisse des recettes en hydrocarbures a également impacté la création monétaire. L’expansion monétaire a ainsi ralenti, entraînée par une baisse des avoirs extérieurs nets. Les crédits à l’économie ont crû de 16,1% en 2015. Toutefois, l’expansion monétaire a fortement ralenti à 0,5 %, contre de 14,4 % en 2014, et ce, en dépit des injections de liquidités résultant des prélèvements sur les avoirs du FRR pour la couverture du déficit budgétaire. Les dépôts bancaires ont diminué, en partie, en raison de l’achat par le gouvernement d’une participation majoritaire dans une grande entreprise de télécommunications (Djezzy). Pour le FMI, le secteur bancaire est resté globalement bien capitalisé et rentable, mais il y’a un resserrement de la liquidité.   PERSPECTIVES ET RISQUES   Au-delà de ce bilan en demi-teinte de l’évolution des indicateurs macro-économiques l’institution de Bretton Woods met en lumière certaines perspectives et met en garde contre des risques. Le Fonds relève ainsi, la hausse du taux de croissance dans le secteur des hydrocarbures en 2016, mais estime que la consolidation budgétaire va peser sur la croissance hors hydrocarbures. La croissance dans le secteur des hydrocarbures devrait atteindre accélérer près de 2 %, stimulée par l’entrée en service de nouveaux champs de production et une installation gazière clé, celle de Tiguentourine. A contrario la croissance hors hydrocarbures devrait ralentir à 3,7 %. L’inflation restera probablement supérieure à 4%, entraînée par une nouvelle dépréciation du dinar et l’augmentation des prix de l’énergie. La réduction des dépenses prévues dans le budget 2016, combinée à des recettes fiscales plus élevées, devrait réduire le déficit hors hydrocarbures à 29,9 % du PIB. Le déficit du compte courant devrait se creuser davantage.   L’ORDONNANCE DU FMI   Si l’Algérie dispose encore d’une marge de manœuvre pour face au choc, même conjoncturellement l’institution de Bretton Woods n’oublie pas de préconiser certaines mesures. Le Fonds, prescrit, tel un médecin, son ordonnance à une économie malade de sa rente. Une ordonnance comprenant un assainissement budgétaire, la réduction des subventions, la privatisation, le recours à l’endettement, une plus grande ouverture au commerce mondial, aux investissements étrangers et aux flux de capitaux. Pour le FMI, l’assainissement budgétaire devra passer par la maîtrise des dépenses courantes (les salaires dans la fonction publique, notamment), la réforme des subventions tout en protégeant les populations pauvres. Le Fonds préconise aussi de mobiliser davantage de recettes hors hydrocarbures, d’accroître l’efficacité des investissements publics et renforcer le cadre budgétaire. Malgré tout, le Fonds considère que la diminution rapide de l’épargne budgétaire signifie que l’Algérie devra emprunter davantage pour financer les déficits futurs. Ainsi et outre le recours accru à l’émission de titres d’emprunt nationaux, le FMI préconise d’envisager d’emprunter à l’extérieur et d’ouvrir, « dans la transparence », le capital de certaines entreprises publiques à des acteurs privés. Il recommande aussi, des réformes structurelles de grande envergure pour soutenir l’activité économique pendant l’assainissement des finances publiques et pour diversifier l’économie. L’Institution de Bretton woods évoque l’amélioration du climat des affaires, une plus grande ouverture de l’économie aux échanges internationaux et à l’investissement étranger, l’amélioration de l’accès au financement et le développement des marchés de capitaux ainsi que le renforcement de la gouvernance, la concurrence et la transparence. Il conseille également de donner une plus grande souplesse au marché du travail tout en alignant mieux les compétences produites par le système éducatif sur les besoins du secteur privé. Le FMI critique aussi les mesures prises pour juguler les importations estimant que ces restrictions « apportent peut-être un répit provisoire, mais elles créent des distorsions et ne sauraient se substituer aux réformes destinées à doper les exportations. Les réformes structurelles mettant du temps à produire leurs effets, il convient de les engager sans tarder». Le Fonds recommande une plus grande flexibilité du taux de change laquelle « faciliterait l’ajustement au choc sur les cours du pétrole. Bien qu’il se soit un peu déprécié en 2015, le TCER reste nettement surévalué. L’assainissement budgétaire et les réformes structurelles, appuyés par une plus grande flexibilité du taux de change, aideraient à ramener le TCER vers sa valeur d’équilibre et contribueraient à rééquilibrer l’économie ». Le FMI se penche aussi sur la politique monétaire qui doit s’adapter, selon lui, à l’évolution des conditions de liquidités en réactivant ses instruments de refinancement et en renforçant ses capacités de prévision et de gestion des liquidités. « Pendant la période à venir, elle devrait calibrer soigneusement sa politique monétaire de manière à prévenir les pressions inflationnistes potentielles », note le rapport. Enfin le FMI estime qu’il convient de renforcer les politiques du secteur financier pour parer les risques grandissants pour la stabilité financière. Le secteur bancaire dans son ensemble est bien capitalisé et rentable, mais la persistance de faibles cours du pétrole accroît les risques pesant sur la stabilité financière. De plus, les liens étroits entre le secteur financier, le secteur des hydrocarbures et le secteur public accentuent la vulnérabilité des banques aux risques systémiques et appellent des mesures préventives. Les autorités devraient continuer à renforcer le cadre prudentiel, notamment en étoffant le rôle de la politique macro prudentielle et en améliorant leurs préparatifs d’urgence et les capacités de gestion des situations de crise.    

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