EXCLUSIF. IMPROMPTU AVEC NOUREDDINE BOUKROUH

   
Certains pensent que vos sorties répétées sont un préalable à une candidature en 2019. Je vous demande à brûle pourpoint : est-ce le cas ?
  Il faut remettre les choses en ordre. Il ne s’agit pas de « sorties répétées » de ma part, comme si j’avais été un moteur en surchauffe.   J’ai publié au cours des dernières semaines trois articles sur ma page Facebook où j’ai dénoncé la situation qui est faite à notre pays et à notre Etat dont on ne sait plus par qui il est dirigé depuis plusieurs années, et moins que jamais depuis l’épisode d’al-Alia où on a vu un patron d’entreprise privée triompher d’un Premier ministre avec le soutien arrogant et provocateur de Saïd Bouteflika. Ce n’est pas Tebboune que je voulais défendre, mais l’idée d’Etat, de nation, et donc mon pays tombé entre les mains d’individus qui ne devraient pas être à cette place.   Ces trois articles ont entraîné trois types de réaction : celle d’un général-major à la retraite, celle du ministère de la Défense nationale et celle, déguisée, de la présidence de la République sous forme de campagne de presse ordurière et de menaces de poursuites judiciaires. J’étais obligé de répondre pour me défendre de leurs attaques, insultes et menaces.   Ce n’est pas la première fois que je publie des écrits pour dénoncer l’incurie du pouvoir, je l’ai fait dans les années 70, 80 et 90 qui m’ont valu des interpellations par la police (la première en 1972) et des poursuites judiciaires sur plainte du ministère de la Défense nationale en 1991 et sur ordre du général Betchine, conseiller spécial du Président Zéroual, en 1998.   Aujourd’hui, ce sont Saïd Bouteflika, secondé par le chef du RND et Premier ministre en poste, Ahmed Ouyahia, constante parmi les plus vieilles « constantes de la nation », qui sont derrière la campagne de presse déclenchée contre moi depuis plusieurs semaines. Etant incapables de me répondre par écrit, idée contre idée, argument contre argument, ils recourent à ce dans quoi ils ont été élevés : la pourriture. Je ne sais pas si c’est sur instruction directe du Président ou en son nom, mais les bruits courent dans les médias qu’une plainte contre moi est à l’étude.   C’est moi qui serai en droit de les poursuivre, mais comment faire pour poursuivre la présidence de la République, le premier ministère, le ministère de la Défense et une meute de médias affamés d’argent ? Il me faudrait l’ordre des avocats au complet, w ya rabbi…   Dans ces écrits, j’ai notamment interpellé les militaires, anciens et actuels, sur leurs responsabilités dans cette situation connaissant, comme tout le monde, les tenants et aboutissants du « système ». La réponse n’est pas venue d’eux, mais d’un général-major non concerné qui voulait détourner l’attention du vrai sujet en faisant mon procès et en me donnant en plus des leçons sur le « courage ». Puis c’est le journal officiel de l’Armée qui a publié un éditorial où je suis traité de « mercenaire » alors que j’écris depuis que l’Algérie avait huit ans et qu’elle était sous la poigne de Boumediene.   C’est plus épique que la légende biblique de David contre Goliath : une toute petite page Facebook d’un particulier armé de sa seule plume, contre la présidence de la République, le premier ministère, le ministère de la Défense nationale, une escouade de médias prêts à déchiqueter leur mère pour un os, un général-major à la retraite tenté de rempiler, un président de l’assemblée nationale sorti d’une morgue, deux partis politiques au pouvoir par la fraude et une infanterie de « baltaguias » lâchés sur ma page…   Et tout ce qui a ému les « certains » auxquels vous faites allusion dans votre question, c’est que je sois tenté de me présenter en 2019 ! Incroyable ! Alors que l’armada cherche comment me jeter en prison en recourant à la « justice non conventionnelle », ou à carrément m’assassiner…  
Si le procès à votre encontre se confirme, allez-vous faire de cette affaire un procès politique avec un retentissement national ?
  Mais ce ne serait qu’un procès politique ! Que leur ai-je fait d’autre, en dehors de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de jouer avec la vie, l’avenir et la dignité de quarante millions d’Algériens ! Que la vie d’un Bouteflika ou de son frère ne vaut pas plus que celle de n’importe quel Algérien puissant ou misérable, riche ou pauvre, né en Algérie ou ailleurs, de l’est ou de l’ouest, au pouvoir ou à la rue… A ce moment-là, ce n’est pas moi qui donnerai un retentissement national au procès, mais eux d’abord et les médias ensuite. En tout cas, je ne me laisserai pas faire.   Je publiais tranquillement des écrits de pensée sur ma page à l’intention des nouvelles générations quand le spectacle écœurant de ces vauriens a fait intrusion chez moi par le truchement des médias… Comment ne pas réagir devant cette descente en enfer qui nous est imposée ? Les chouhadas pourraient sortir de leurs tombes devant le silence complice des vivants…  
Prendrez-vous à témoin les instances internationales ?
  Aujourd’hui, le monde est un village où le moindre bruit de casserole est entendu par le voisin. Je ne suis pas partisan du recours à l’étranger en n’importe quelle circonstance ou sous n’importe quel prétexte, mais je ne pourrais pas empêcher les médias étrangers d’en parler s’ils veulent le faire. De toute façon ils ne me demanderont pas mon autorisation.   D’ailleurs, aujourd’hui même j’ai accordé une interview à un média américain, « American Herald Tribune » où travaille un compatriote, M. Mohsen Abdelmoumen. Le journal a aussi publié intégralement le texte de l’initiative politique que je viens de lancer. De même que des sites et journaux arabes suivent ces péripéties qui nuisent à l’image de l’Algérie... Mais, me diriez-vous, qu’est-ce qu’il reste de cette image après les quatre mandats ?  

Une pensée sur “EXCLUSIF. IMPROMPTU AVEC NOUREDDINE BOUKROUH

  • 19 septembre 2017 à 15 h 49 min
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    Nous, citoyens de ce pays, sommes derrière toute initiative venant de nos intellectuels !

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