Enamarbre Skikda : Eternel marbre !

Par Hocine Fadheli

Pourtant depuis les romains jusqu’aux colons français en passant par d’autres envahisseurs qui avaient conquis la région, le marbre de Fil-fila, situé sur les hauteurs Est de Skikda, a fait la fierté de ces bâtisseurs. Son exploitation fut une aubaine. Les lieux les plus visités au monde, les constructions les plus en vue sont décorés de ce même matériau provenant de la ville de Skikda qui , tel ce ver qui couvre le monde de sa soie en restant nu. Le marbre de Skikda fait la fierté du monde musulman en couvrant la Mecque et permet aux Américains de s’enorgueillir de leur édifice présidentiel, la Maison Blanche ornée, elle aussi de marbre provenant d’Algérie. D’autres édifices tel que l’université Emir-Abdelkader de Constantine et la future grande mosquée d’Alger seront couvertes de cette même noble roche. Traversant une période de disette, ce géant du marbre a dû fermer, en 2004, ses portes libérant les centaines de travailleurs au savoir-faire légendaire et délaisser ses fronts miniers situés sur les montagnes d’El Alia et de Chatt à Fil-Fila. Il aurait fallu attendre onze années pour voir l’usine rouvrir ses portes en janvier 2015 et fonctionner, à nouveau, afin de rattraper le temps perdu. L’Enamarbre a bénéficié d’un soutien de l’État de 2,1 milliards de dinars pour le renouvellement de ses équipements et le rajeunissement du personnel lui permettant ainsi de produire annuellement 200.000 m2 de marbre, soit 30 % de sa capacité de production. Ce qui est loin de la cadence optimale. Le filon est un gisement qui est constitué par des affleurements de marbre pouvant atteindre une longueur de 1100 m pour une largeur qui varie de 100 à 300 m. Il est, selon des expertises, susceptible d’être exploité pendant les 150 ans à venir. Les réserves restantes en blocs seraient de plus de cinq millions et demi de mètres cubes. L’Enamarbre a été créée le 16 Juillet 1983 à la suite de la restructuration de la Sonarem. Elle détient sept sites de production et de commercialisation situés à travers le territoire algérien. Il s’agit des carrières à blocs de marbre et de dérivés à Fil-Fila et à Chatt à Skikda, de Mahouna à Guelma, de la carrière d’Onyx d’Ain-Smara, à Constantine, de celle de Mekla à Tizi ouzou produisant des dérivés, de la carrière à blocs et dérivés de marbre de Krystel Oran et de Honaine à Tlemcen.

H.F

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