Emprunt national pour la croissance économique : comment la communication gouvernementale a mis tout le monde en porte-à-faux

Fastidieuse. C’est en ces termes qu’on peut qualifier la toute première prestation du Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, nommé à ce poste mois de juin dernier, face à un Hémicycle clairsemé.   L’intervention du gouverneur a néanmoins, été riche en enseignement quant à la situation des finances publiques, mais aussi et surtout l’évolution des décaissements du Fonds de régulation des recettes. Le Gouverneur de la Banque d’Algérie lancera tout de go que le bas de laine de la République a atteint son niveau minimum réglementaire soit 740 milliards de dinars dès le mois de février 2016. Une annonce qui vaut son pesant d’or, lorsqu’on pense que c’est au même moment que la machine gouvernementale s’est mise en branle pour lancer l’idée d’un Emprunt national pour la croissance, supposé financer  les projets d’investissements publics. Le ministre des Finances de l’époque, M. Abderrahmane Benkhalfa avait alors insisté sur le fait ne devrait pas servir à couvrir le déficit budgétaire mais à financer l’investissement. Il devient aujourd’hui clair que cet emprunt a été lancer dans un contexte où le gouvernement se devait de trouver de nouvelles ressources de financement du déficit public.  La communication gouvernemental a, ainsi, mis tout le monde en porte-à-faux.   158,7 milliards de dinars pour financer le déficit public M. Mohamed Loukal a d’ailleurs bien précisé que jusqu’à décembre 2015, les décaissements du FRR ont financé le déficit global du Trésor à hauteur de 82 %. Il a ainsi expliqué qu’en raison de la baisse des cours du brut les recettes de la fiscalité pétrolière sont passées à 2.373,5 milliards de dinars en 2015 contre 3.388 milliards de dinars en 2014. Les dépenses publiques ont quant à elles continué à progresser  de 6.995 milliards de dinars en 2014 à 765 milliards de dinars en 2015 soit une hausse 9,4 %. Le déficit global du Trésor s’est en conséquence creusé pour atteindre un niveau record de 15,8 % du PIB niveau record contre 8% en 2014. La même tendance a été observée en 2016. Selon les chiffres de la BA, en septembre 2016, les dépenses publiques ont atteint 5.474 milliards de dinars se maintenant au même niveau que 2015, tandis que les recettes pétrolière se sont établis à seulement 1.314 milliards de dinars contre 1.943 milliards de dinars en 2015. En termes plus clairs, les chiffres font clairement état d’un creusement plus important du déficit public ayant conduit non seulement à l’épuisement des ressources du FRR, mais qui a fait de l’Etat un emprunteur net, alors qu’il se  trouvait dans une posture de créancier vis-à-vis des banques de la place net durant plus d’une décennie.  Il est vrai que dans cette situation de déficit, et selon les chiffres de M. Loukal, le rachat par les banques publiques des créances non performantes détenues par le Trésor sur les entreprises publiques, ainsi que les levées de fonds induites par l’emprunt pour la croissance économique et qui financer le déficit public ont contribué à la hausse de la dette publique interne. Le gouverneur de la BA a précisé que les banques publiques ont participé à hauteur de 158,7 milliards de dinars  à cet emprunt obligataire.

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