Des représentants de la société civile demandent à l’Union européenne d’intervenir en Algérie

Des Algériens se plaignent à l'UE et demandent la protection de l’Europe. Pis encore, certains représentants de la société civile vont jusqu'à supplier l'Union européenne d'intervenir en Algérie. Ultime trahison ou simple quête démocratique que celle d'inviter le loup dans la bergerie et tenir la porte grande ouverte à une présence militaire dans notre pays. Des représentants de la société civile algérienne ont pris part, la semaine dernière, au Forum Majalat 19 à Bruxelles. Le forum Majalat (champs en arabe) qui s’est tenu les 2 et 3 décembre à Bruxelles a pour objectif de permettre à la société civile des deux rives de la Méditerranée de rencontrer des représentants de l’Union européenne, notamment ceux de la DG NEAR, service de la commission européenne chargée de la politique européenne de voisinage. Or, le forum 2019 a été spécialement concentré sur le dialogue avec la société civile du sud de la Méditerranée, région touchée par de profonds changements politiques. Le forum s’est tenu surtout dans un contexte particulier. La rencontre a suivi de quatre jours la résolution du Parlement européen, laquelle a induit une vague d’indignation dans notre pays, les populations ayant manifesté leur rejet de toute ingérence étrangère. Cependant, les représentants de la société civile, partie prenante du projet Majalat -financé par l’Union européenne- ce sont évertués à chercher des solutions pour « dépasser les blocages » induits par le « rejet de l’ingérence ».  C’est le cas notamment du représentant du Snapap (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique. Rachid Malaoui, président du Snapap estime qu’au regard de la situation que vit l’Algérie, « les résolutions ne suffisent plus ».  « Les documents et théories sont un peu dépassés, par rapports aux évènements actuels (…) je préfère que les recommandations ne soient pas théoriques mais plutôt pratiques.», soutient-il. Il demande à l’Union européenne de « prendre ses responsabilités ». Le président du Snapap appelle l’UE à transcender les problèmes d’ingérence et d’ignorer la souveraineté des nations. « Il y’a un problème sur lequel ont doit se focaliser, à chaque fois qu’il y a une réaction du Parlement européen, il est attaqué en Algérie pour ingérence.  (…) en entend un ministre européen des affaires étrangères dire +on respecte la souveraineté nationale +. Mais c’est quoi souveraineté nationale ? On parle de souveraineté humanitaire. C’est ça la question qui se pose » ajoute Rachid Malaoui revendiquant clairement le « droit à l’ingérence humanitaire », concept inventé par Bernard Kouchner et qui a justifié, rappelons-le, l’intervention armée étrangère dans plusieurs pays, à l’image de la Somalie, ou encore l’Irak.
Les défenseurs des droits de l’Homme demandent la protection de l’UE
 
Les représentants de la société civile ont également posé le problème de la protection des défenseurs des droits l’homme estimant que « les financements de l’UE en direction des organisations de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme ne suffisent plus, dans la situation que vit le pays ». Le Vice-président de Raj, Kamel Nemmiche et la représentante du Collectif des familles des disparus Nacera Dutour ont mis en avant, la nécessaire protection des défenseurs des droits de l’homme. Kamel Nemmiche a expressément demandé la protection de l’UE des défenseurs des droits de l’Homme. « On ne peut pas parler de bonne gouvernance sans qu’il y’ait de protection des défenseurs des droits de l’Homme et des lanceurs d’alerte (…) », a-t-il insisté. Pour sa part, Nacera Dutour a estimé que « certaines personnes sont arrêtées parce qu’elles s’exprimaient sur Facebook ou pour avoir manifesté (…), donc je voudrais insister sur cette recommandation de protection des défenseurs des droits de l’Homme et de tous les citoyens ayant utilisé leur droit d’expression. » elle demande aussi « la présence d’observateurs européens lors des procès de certains militants et une protection effective pour les défenseurs des droits de l’homme ». Les représentants de la société civile se sont évertués à dénoncer la corruption, l’impunité et l’interdiction de manifester qui empêcheraient toute bonne gouvernance et qui « ont privé les Algériens de leurs droits économiques et sociaux ». Des pratiques, disent-ils, qui ont alimenté les phénomènes migratoires. Des pratiques, faut-il le noter, qui ont marqué le règne de Bouteflika et que le Hirak et les récents procès pour corruption ont mis à nu et espérons-le mis fin. La réponse des représentants de l’Union européenne à ces appels insistants de la société civile a pour le moins été décontenançant. Le représentant de la DG NEAR a indiqué n’avoir aucune « réponse satisfaisante et immédiate » sur la question de l’ingérence et de la souveraineté et que l’UE a « un cadre avec lequel elle travaille ». Il ajoute que concernant la défense des droits de l’homme, ce que l’UE fait « ne se limite pas simplement à octroyer de petites enveloppes d’argent, mais il y’a des actions plus globales et plus holistiques qui incluent la diplomatie publique et privées. »

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