De l’Etat au service du citoyen !

Il aura fallu une instruction présidentielle pour que le ministère de la Santé daigne, enfin, prendre en charge le jeune Khaled Kouchem, un SDF gravement malade, démunis et sans ressources. Squattant le pavé de la rue Pasteur, à Alger, où il est livré depuis quelques temps à son triste sort, cet Algérien n’a dû son salut qu’au président Tebboune qui a ordonné sa prise en charge. Aucune structure sanitaire ne l’avait accepté, affichant, comme de coutume une indifférence totale. Parti le serment d’Hippocrate, tout comme le sens de l’humanisme et de la conscience professionnelle, l’hôpital fonctionne par instruction ! Les institutions en charge de la solidarité nationale et de l’action sociale, de même que le Croissant rouge algérien sont, eux aussi, aux abonnés absents. Bien qu’un chef d’État n’est pas censé jouer le rôle du pompier, du médecin ou tout autre commis de l’État, ce geste présidentiel honore, néanmoins, son auteur qui devra, cependant, se rendre compte de la déliquescence de l’État et des structures ainsi que de l’immensité des dégâts. Car il est clair, aujourd’hui, que les fonctionnaires et les commis de l’État ont pris un pli, celui de la flagornerie qui les pousse à attendre une instruction du sommet de l’État pour remplir leur mission. Les commis de l’Etat ne fonctionnent que par impulsion !  Faut-il donc que le président de la République donne une instruction à chaque commis de l’Etat ou à chaque fonctionnaire pour qu’il fasse ce pourquoi il est en place ? Le président de la République doit-il prendre en charge chaque cas et assumer toutes les charges dans tous les secteurs allant de celle de l’éboueur jusqu’à celle du  ministre ? Un chef d’État doit-il être forcement au four et au moulin et répondre aux attentes les plus basiques des citoyens ? N’avons-nous donc pas un État, des institutions, des cadres, des responsables et des missions à assurer ? La situation actuelle pose la problématique du fonctionnement de l’État, de ses institutions, de ses démembrements et de ses services à tous les niveaux. Elle doit surtout remettre au devant de la scène le principe de l’État au service des citoyens. C’est dire que la tâche est immense. Autant nettoyer les écuries d’Augias !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *