Coopération algero-française : Sellal s’inquiète de la baisse des investissements

Entre Alger et Paris le temps est toujours aux éternels préliminaires. C’est une valse à plusieurs temps conditionnée par de vaines tentatives. Un coup c’est un petit tweet ministériel qui fait bouder réussissant à séparer les deux partenaires les faisant encore plus s’éloigner l’un de l’autre, un autre c’est la question de repentance et de rapatriement de crânes d’algériens exposés au musée de l’Homme qui plombe les rapports. Pourtant, quelques intérêts étroitement liés obligent les deux rives à plus se rapprocher. En plus de la sécurité, le terrorisme et la contribution de l’Algérie à tarir l'immigration clandestine, le volet économique jouit d’une importance capitale. En fait, il s’agit de sécurité et d’économie. D’où la raison d’être du Comité interministériel algéro-français de haut niveau. Un pacte visant à atteindre un partenariat bilatéral stratégique souhaité par les deux pays. Cependant, ce dernier accord et à entendre M. Sellal,  semble s’inscrire en contradiction avec les ambitions des deux pays au vu de « l’inquiétante » tendance baissière des investissements français en Algérie durant les trois dernières années et qui s'élèvent à environ 1,8 milliard d'euros en 2015. La France est le 2e fournisseur de l’Algérie après la Chine avec 6,02 milliards d’euros contre 2,99 milliards d’euros d’importation, faisant de notre pays le 4e client de la France hors OCDE. La présence de ressortissants français sur le sol algérien est estimée à 31 677 personnes dont 27 954 binationaux contre près de 582 000 citoyens algériens résidant légalement en Hexagone. Des réalités que n’arrivent, hélas, pas à fructifier les deux parties. Selon le premier ministre algérien qui s’est réuni, ce jeudi, à Alger, avec son homologue Français, Bernard Cazeneuve qui visite l’Algérie pour la troisième fois depuis le début du quinquennat de François Hollande, ce pacte visait justement à « consolider davantage les relations algéro-françaises et œuvrer pour leur densification et leur développement dans les domaines où la coopération entre nos deux pays doit faire l’objet de plus de dynamisme et d’initiatives », or si l’intention est bonne, l’acte ne suit pas. Et c’est justement à cet effet que le premier ministre algérien « exhorte » les deux parties à se « reprendre ».  M. Sellal qui était à la tête d’une délégation composée du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale Ramtane Lamamra, de l’Industrie et des mines Abdesslam Bouchouareb, de l’Energie Noureddine Boutarfa, de l’Intérieur et des Collectivité locales Noureddine Bedoui et des Affaires religieuse et des Waks Mohamed Aissa, a invité les deux pays à  « reprendre et finaliser un certain nombre de projets de partenariat économique d’envergure »  lors la quatrième session du COMEFA  (Comité mixte économique algéro-français), prévue à Alger durant le deuxième semestre 2017.  « Nous pouvons sans plus attendre nous atteler dès aujourd’hui pour engager ensemble une réflexion susceptible de nourrir, le moment venu, une feuille de route définissant les axes d’actions de coopération et de  partenariat entre nos deux pays », dira M. Sellal. Il rappellera aussi que dans ce cadre l’institution, en 2013, du COMEFA qui a permis, « le renforcement des relations de coopération entre les deux pays par la concrétisation de plusieurs joint-ventures touchant notamment les secteurs de l’industrie, des transports, de l’agroalimentaire et de la formation en matière de management avec comme point culminant l’inauguration de l’usine de construction de véhicules Renault à Oran ».  

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