Bitcoin : avenir de la monnaie ou menace pour le système financier ?

Les monnaies virtuelles commencent à se défaire de leur mauvaise réputation et à dominer certaines transactions financières électroniques. e bitcoin continue sa folle ascension.  Créé en 2009, le Bitcoin monnaie emblématique des cryptomonnaies ne cesse de prendre de la  valeur.  Mercredi, cette  monnaie virtuelle a atteint la valeur de 10.000 dollars un seuil jamais atteint depuis sa création. En moins d'un an, la valeur du bitcoin a été multipliée par dix. Un record qui incite économistes et gouverneurs de banques centrales à s’interroger sur le rôle avenir des monnaies virtuelles. Sans existence physique, les monnaies virtuelles s'appuient sur un système de paiement de pair à pair tout comme les cartes de recharge prépayées pour la téléphonie mobile. Elles sont basées sur la technologie dite "blockchain" ou "chaîne de blocs", soit un échange de données sans serveur centralisé. Elles n’ont pas de cours légal et ne sont pas régies par une banque centrale ou un gouvernement mais par une vaste communauté d'internautes. Pour Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, il ne fait plus de doute que les monnaies virtuelles vont composer le paysage monétaire, et ce, plus tôt que tard. L’avertissement a été fait auprès des banques centrales. « Les monnaies virtuelles telles que le bitcoin ne présentent actuellement peu ou pas de danger pour le régime existant de monnaies fiduciaires et de banques centrales. Elles sont en effet trop volatiles, trop risquées, trop compliquées à utiliser, et les technologies sous-jacentes ne peuvent pas encore être déployées à grande échelle. Un grand nombre d’entre elles sont trop obscures pour les autorités de réglementation, et plusieurs ont déjà été piratées », a-t-elle déclaré il y a un mois lors d’une conférence à la Banque d’Angleterre.  La patronne du FMI propose cependant que ces monnaies puissent être par exemple, « émises à parité avec le dollar ou rattachées à un panier stable de devises. Leur émission pourrait être totalement transparente et régie par une règle crédible et prédéterminée, un algorithme qui peut être surveillé… ou même par une « règle intelligente » qui pourrait s’adapter à l’évolution de la conjoncture macroéconomique. »
Le niet des banques centrales
Mais, les gouverneurs des banques centrales se montrent toujours aussi réticents à l’idée.  C’est le cas de Randall Quarles, un des gouverneurs de la Banque centrale américaine (Fed). Celui-ci estime que les crypto-devises comme le Bitcoin pourraient poser une menace pour la stabilité financière lorsqu'elles seront davantage utilisées. M. Quarles a rappelé qu'en période de tensions financières, la demande de liquidités de la part des acteurs financiers augmentait fortement et que le comportement des devises numériques dans de telles circonstances était encore une inconnue. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a alerté vendredi à Pékin sur le caractère spéculatif du bitcoin, niant qu'il s'agisse d'une monnaie ou même d'une crypto-monnaie. "Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté: le bitcoin n'est en rien une monnaie‎, ou même une crypto-monnaie", a affirmé le gouverneur lors d'une intervention à l'occasion du Forum financier franco-chinois à Pékin. En Algérie, le gouvernement a d’ores et déjà prévu d’interdire l’usage des monnaies virtuelles dans le cadre d’une disposition du projet de loi de finances 2018 (lire notre article sur le lien suivant : Crypto-monnaies : Le gouvernement algérien dit non !).

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