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Bensalah creuse le faussé

Se basant sur le rejet, par le Conseil constitutionnel, des deux candidatures à la présidentielle et la décision de ce dernier Conseil de prolonger l’intérim du chef de l’État, Abdelkader Bensalah considère que face à cette situation « atypique », obligation lui est faite « (…) à continuer à assumer la charge de chef de l'État jusqu'à l'élection du Président de la République (…)». Bensalah tranche ainsi la question et met fin, par ce discours, à la demande de la rue qui exige son départ. Le chef de l’État qui apprécie « parfaitement l'ampleur de cette responsabilité » en appelle à « l'intelligence collective en vue de faire prévaloir la sagesse et la pondération nécessaires pour surmonter les obstacles à l'origine de la conjoncture actuelle et construire ensemble la prochaine étape (…)». Bensalah ne compte pas se défaire de son premier ministre, Noureddine Bedoui, dont la tête est demandée et rappelle dans son discours avoir « appelé, de bonne foi lors de (ses) précédents discours, au dialogue et à la concertation, en (s’est) engagé (…) à garantir au scrutin présidentiel toutes les conditions d'une élection régulière, libre et transparente, telle que souhaitée par notre peuple.»  Abdelkader Bensalah qui espère regagner la confiance du peuple compte sur « cette nouvelle étape (…) pour restaurer la confiance et mobiliser les forces patriotiques nationales en vue de construire le consensus le plus large possible autour de l'ensemble des questions en rapport avec les aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, et sur les mécanismes de son contrôle et sa supervision. » Le chef de l’État « évacue » les revendications des millions de manifestants, reste imperméable à la demande de la rue et maintient, contre vents et marrées, son projet de la conférence nationale ». Pour cela, il invite « la classe politique, la société civile et les personnalités patriotique nationales (…) à opter pour le dialogue inclusif (…) ». Ne semblant pas ignorer les vœux exprimés par le peuple en termes de « réformes et de nouveaux horizons aux plans politique et socioéconomique », Bensalah qui reste convaincu « que seul le président de la République, élu démocratiquement, jouira de la confiance et de la légitimité requises pour lancer ces réformes et contribuer à relever les défis qui se posent à notre Nation », se lave les mains des grands chantiers. Il appelle « toutes les parties concernées à participer au processus consensuel et à faire prévaloir la sagesse et l'intérêt du peuple, tant dans leurs débats que dans leurs revendications.» En clair, le chef de l’État appelle à plus de « modération » du discours du hirak et réfute l’idée de « yatnahaw gaa ». De quoi creuser encore plus le faussé.

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