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Bahaeddine Tliba, l’homme  des controverses

Article publié sur le magazine Cap Algérie du mois de février 2017 et nous a valu une suspension de diffusion sur les réseaux Anep en dépit d'une convention
Personnage controversé, « adulé » par certains, honni par beaucoup d’autres, Baha Eddine Tliba ne laisse pas indiffèrent. En bien ou en mal, il fait toujours parler de lui. Le député FLN pour la wilaya de Annaba et vice président à l’assemblée populaire nationale, ne doit pas devoir cela qu’à sa forte corpulence et son aversion pour la presse qu’il dédaigne. Le 4 juin 2013, un reporter photographe de l’agence française, AFP, s’était vu agressé par Baha Eddine, dans l’enceinte même de l’APN en présence d’autres députés. La perception que l’opinion publique a de l’homme politique est celle d’un homme qui cristallise à lui seul l’entrée en force de l’argent en politique et les relations délictueuses qui peuvent exister entre réseaux d’affaires et pouvoir politique. Frôlant les deux mètres pour un peu plus de 150 Kg, la carrure de ce Soufi  de 37 ans se plaîsant à cultiver un faciès moyen-oriental, celui d’un cheikh  avec sa Aabaya et se vautrant derrière un immense bureau tel un nabab, prete plutôt à rire. Affichant un physique qui laisse penser beaucoup plus à un physionomiste qu’à un homme politique. Cette surcharge pondérale n’est pourtant pas le fait d’une suralimentation, affirme-t-on. Un de ses cousins soutient que « Baha Eddine a un appétit d’oiseau et ne mange que très peu » en dépit de son aspect physique imposant. Ne tarissant pas d’éloges envers l’homme fort de Annaba, il  le décrit comme un homme « incompris et mal aimé» et lui reconnaît, entre autres « vertus », celle d’être doté d’une « patience » de Grisélidis. Une qualité qui lui a, d’ailleurs, permis de supporter avec résignation les contrariétés de la vie et celle des gens sans se départir tout en persévérant dans ses efforts. En fait, savoir attendre semble être une seconde nature chez lui. La preuve  est que le député Baha Eddine Tliba est persuadé de sa réélection lors des prochaines législatives et qu’il se verrait même au perchoir de cette auguste institution. « L’Émir de Doha d’Annaba »  comme se plaisent les Bônois à le surnommer aurait même confié à des parlementaires que « ce poste lui reviendrait de droit au terme de la prochaine élection législative prévue en mai 2017 ». Rien que ça ! Ange ou démon, l’homme des controverses, a trois facettes. Celle, d’abord, de l’homme « Nass mlah et serviable », marié et responsable cachant mal sa timidité voire ses complexes. Prodigue, il l’est sûrement, et plus encore lorsqu’il est en campagne. Un comportement ou un trait de caractère qui n’est certainement pas étranger à sa popularité en son fief bônois. L’homme est extrêmement généreux, dit-on. Il y’a, ensuite, l’autre facette, celle de l’homme politique, parfois agressif et menaçant et qui s’est illustré à l’APN en jouant au body guard de Ould Khelifa lors de la protesta   des députés de l’opposition, en décembre 2015. En poids lourd de l’assemblée, il reçoit même des ministres à son bureau de vice-président de l’APN, «invités» à partager « un bout de pain » à la bonne franquette avec leur hôte, racontent certains députés outrés par ce manquement aux us de l’hémicycle. Son parcours politique atypique, il l’entame en 2002 à Ouargla. Il est alors candidat à l’APW pour le compte du Front de libération national. Et il ne bénéficie pas de n’importe quel soutien, celui d’Amar Saadani, murmure-t-on. Et il réussira à se faire élire une seconde fois en 2007. Mais l’APW de Ouargla ne suffit plus à contenir son ambition contrariée et Baha Eddine Tliba se met en tête d’aller à la conquête de l’Hémicycle de Zighoud Youcef. Une candidature au sein de l’ex-parti unique ne lui permettra pas d’atteindre ses objectifs et il le sait. Trop de dinosaures ne sauraient admettre dans leur meute ce jeune loup, aussi imposant soit-il. Il fait un peu de nomadisme, au sens réel et figuré. Il retourne à Annaba et se présente sur la liste d’un schtroumf politique, le Front national démocratique présidé par un certain Sassi Mabrouk. Sitôt la députation arrachée, il retourne vers ses vieilles amours et s’abandonne dans les bras du FLN en hissant à la tête de l’APW  de la vieille Hippone, son cousin. La troisième facette est certainement la plus méconnue, c’est celle d‘un Tycoon, celle d’un redoutable homme d’affaires, discret et touche à tout, ne mettant pas tous ses œufs dans le même panier et s’entourant d’opacité. Débonnaire, le petit ingénieur informaticien semble avoir été payé en conséquence. Une belle revanche sur le sort. Sa galère ou sa légende personnelle ont été bâties sur un périple qui débutera avec l’incarcération de son père, alors employé à l’EPEWA d’El Bouni, et qui mènera le précoce Baha à quitter Annaba pour s’installer à Ouargla ou il passera une dizaine d’années dont certaines à la tête d’un bureau d’études local, SETO qu’il rachète en 2008, dans le cadre du processus de privatisation. C’est le début du businessman qu’il est devenu. A son retour « d’exil », la veille des élections législatives de 2012, il transférera son bureau d’études à Annaba ou il prospérera pour ensuite se lancer dans l’importation de chauffage à gaz « Delonghi » et la promotion immobilière à El M’hafer. Une nouvelle vie commence, celle d’une résurrection en homme richissime découvrant les bienfaits de la politique et ses connexions. A Annaba, son bureau c’est « la piste du stade Chebbou, ou il se rend chaque après midi pour faire, comme dans une procession, une marche de douze à quinze tours de stade ». C’est surtout une occasion pour lui d’être approché. Tel le « Parrain » de Francis Ford Coppola, « l’humble » et milliardaire Tliba est entouré de citoyens nécessiteux venus le « saluer » et le solliciter pour une quelconque aide et porter leurs doléances à haut niveau. Ses proches et amis parlent de lui en égrenant ses qualités, dont sa « bonté de cœur, sa simplicité et sa popularité parmi les petites gens qu’il aide beaucoup ! » Et puis, en plus du politicien aux diverses accointances et homme d’affaires chanceux et florissant qui a pignon sur rue à Annaba, n’est-il pas le président d’honneur du club phare de la ville, l’USMAnnaba ? Une parfaite et fulgurante « réussite » qui fera jaser les mauvaises langues. Certains commérages considèrent, sous cape, que « Cette personne a touché à tous les interdits même en politique » et ne « pensent pas qu’il soit politiquement correcte ». Un avis que ne semblent guère partager d’autres qui voient en lui l’homme providentiel.

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